Bordeaux : « Une première grande ferme biologique » aux portes de la ville

AGRICULTURE URBAINE L’entreprise des P’tits Cageots, qui produit et livre des fruits et légumes bio sur la métropole, va s’installer sur un terrain de la métropole pour étendre ses cultures

Elsa Provenzano
— 
agriculture urbaine
agriculture urbaine — E.Provenzano / 20 Minutes
  • L’entreprise Les P’tits Cageots qui vend des produits bio et locaux en ligne vient de remporter l’appel à manifestation d'intérêt pour s’installer sur un terrain municipal, au Haillan.
  • Des cultures maraîchères vont être installées sur quatre hectares, pour une première récolte au printemps.
  • La mairie espère donner envie à d’autres petits paysans de se lancer dans l’agriculture urbaine à Bordeaux, mais la rareté du foncier agricole est un problème.

Tomates, pommes de terre, carottes, courgettes etc. vont bientôt être plantés au Haillan, par l’entreprise Les P’tits Cageots qui a remporté l’appel manifestation d’intérêt lancé en mars 2021 par la mairie de Bordeaux, propriétaire de ce terrain voisin des pépinières municipales. Créés il y a dix ans, les P’tits Cageots cultivent déjà des légumes à Léognan près de Bordeaux, et les vendent avec succès sur la métropole via son site Internet, en employant 60 salariés, dont une partie est en insertion. La conseillère municipale déléguée à la résilience alimentaire Eve Demange s’est félicité de l’installation de « cette première grande ferme biologique sur un terrain de la ville de Bordeaux. » La première récolte est attendue dès le printemps. 

« Le but c’est de montrer la faisabilité. Certes ce n’est pas avec quatre hectares qu’on va nourrir la population bordelaise, mais comme il y a des appartements témoins il y a des parcelles témoins de ce que peut être l’agriculture urbaine », lance l’air ravi Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, au milieu du champ qui va accueillir les cultures maraîchères. Celui qui se targue de ne surtout pas être un « maire bâtisseur » se préférant « semeur », espère que ce projet va inciter d’autres agriculteurs à venir s’installer sur la métropole.

Une production déjà vendue dix fois

Des légumes bio et locaux, distribués en circuit court, c’est le credo de la société lauréate. Et du côté de l’attente des consommateurs, Ali Yaici, dirigeant et créateur des P’tits Cageots n’a aucun doute. « Les légumes qui seront cultivés ici sont déjà vendus dix fois car il y a vraiment une carence de ce type de produits auxquels les gens aspirent de plus en plus, explique-t-il. On monte en production pour sécuriser notre système de distribution, notre approvisionnement. »

L’entreprise cultive déjà cinq hectares à Léognan et complète les références de son site avec les produits d’une vingtaine de petits producteurs de la région. Pendant la crise sanitaire, l’activité de la société a été multipliée par six ou sept. « A un moment il fallait attendre un mois pour commander. On n’a pas à chercher des consommateurs supplémentaires, on a une base de clients fidèles », avance le dirigeant. Forte de son expérience, l’entreprise va reproduire ce qu’elle a mis cinq ans à peaufiner sur son exploitation de Léognan pour proposer un nouvel atelier chantier d’insertion, sur lequel huit à dix salariés travailleront. Les volets d’accompagnement social et de formation continueront d’y avoir une place importante.

Si les fermes urbaines sont peu nombreuses sur la ville de Bordeaux c’est aussi que le foncier agricole est rare et/ou s’accompagne de problèmes de terres polluées, coûteux à résoudre. La mairie est en train de répertorier les terrains sur lesquels il est envisageable d’installer de l’agriculture urbaine. Selon l’observatoire des espaces de nature urbains de la ville de Bordeaux, environ 30 hectares de surface agricole subsistent sur 5.000 hectares de surface totale de la ville.