Immobilier à Bordeaux : « Le développement va s’opérer sur la rive droite »

LOGEMENT Bordeaux et la Gironde traversent plutôt bien la crise, avec des prix toujours à la hausse, et une attractivité de la rive droite, dans et en dehors de la ville, qui se confirme

Mickael Bosredon
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La rive droite de Bordeaux
La rive droite de Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes
  • Le prix de vente moyen, à la fin du premier semestre, se situe autour de 340.000 euros à Bordeaux, en hausse de 1 % par rapport à 2020.
  • « On observe deux flux en 2021, qui vont vers la rive droite » analyse Catherine Coutellier de l’Union des syndicats de l’immobilier.
  • Directeur général de Human Immobilier, Benjamin Salah voit de son côté « de plus en plus de promoteurs sortir de la métropole pour lancer des programmes en deuxième couronne. »

Comment le marché de l’immobilier à  Bordeaux et en Gironde, réagit-il à la crise sanitaire ? Plutôt bien, analysent les professionnels, alors que certains s’attendaient à une correction des prix à la baisse en 2021.

« Il y a eu des rectifications sur de gros produits qui présentaient des prestations qui n’étaient pas à la hauteur de leur prix, mais hormis cela Bordeaux n’a pas baissé » assure Catherine Coutellier, dirigeante du groupe Oralia, et membre du bureau Unis (Union des syndicats de l’Immobilier). Une étude de Se Loger évoque un prix de vente moyen, à la fin du premier semestre, autour de 340.000 euros à Bordeaux (317.000 euros pour un appartement et 480.000 euros pour une maison), en hausse de 1 % par rapport au premier semestre 2020, et de 6 % par rapport à 2019.

« Des Bordelais qui ont envie de quitter la ville »

Catherine Coutellier dit observer « deux flux » en 2021, « vers la rive droite. » « On voit l’arrivée de néo-Bordelais, qui sont toujours séduits par le centre-ville, notamment Pey-Berland, mais aussi par les nouveaux quartiers autour de la gare et rive droite, comme le Belvédère. Ces quartiers commencent à attirer, entre autres, des cadres qui peuvent faire des allers-retours à Paris et viennent habiter à Bordeaux deux ou trois jours. Le développement de Bordeaux va s’opérer sur la rive droite, avec toutefois un risque d’encombrement pour traverser la Garonne » prévient-elle. La livraison du pont Simone-Veil est attendue pour 2024.

Deuxième phénomène, poursuit-elle, « il y a un flux de Bordelais qui ont envie de quitter la ville et qui se dirigent aussi vers la rive droite, mais en deuxième couronne, avec pour conséquence une montée des prix à Latresne, Cénac, Camblanes-et-Meynac, Saint-Sulpice-et-Cameyrac… Il y a beaucoup de demande pour des maisons avec espace vert et une vue. »

La crise est « évidemment passée par là » analyse Catherine Coutellier, « mais pas seulement. » « Bordeaux pâtit aussi de problèmes d’embouteillage, et d’insécurité dans le centre-ville, ce qui est nouveau. Le cours Victor-Hugo et Saint-Michel perdent par exemple un peu de vitesse, à cause de certaines dérives. Mais je relativise ce phénomène, et je pense que ce n’est qu’une parenthèse, car les nouveaux Bordelais disent qu’il fait bon vivre à Bordeaux et que par rapport à d’autres agglomérations l’insécurité y reste moindre. »

La Dordogne et le bassin d’Arcachon gagnent de la vitalité

Directeur général de Human Immobilier (ex-La Bourse de l’immobilier), Benjamin Salah note pour sa part « un regain d’attractivité pour la province au détriment de Paris - un marché en légère baisse pour la première fois depuis des années - même si les Parisiens étaient déjà attirés par Bordeaux depuis des années. » Pour lui, « ce sont surtout la campagne, notamment la Dordogne, et les marchés de la résidence secondaire, comme le bassin d’Arcachon et le littoral, qui gagnent de la vitalité » en raison de la crise.

Autour de Bordeaux, il voit « de plus en plus de promoteurs sortir de la métropole pour lancer des programmes en deuxième couronne à Ambarès, Fargues, Martignas, Cestas, voire jusqu’à Créon. » Pour Se Loger, c’est la ville d’Eysines dans la métropole de Bordeaux qui « tire son épingle du jeu » en ce moment. « Situé dans la banlieue bordelaise, le quartier Vigean notamment attire les acheteurs parce qu’il est situé à 8 minutes du centre-ville en tramway et qu’il se compose de nombreuses maisons traditionnelles, avec des façades en pierre. »

D’une manière générale, « le marché de l’immobilier en France se porte très bien avec une hausse globale de 8 %, ce qui est gigantesque » analyse encore Benjamin Salah. « Cela ne nous ravit pas,assure-t-il, car il faut bien comprendre que la demande reste stable, tandis que l'offre diminue. Les stocks de logement à la vente ont été divisés par trois en dix ans. Les gens gardent de plus en plus leur immobilier, convaincus que c’est l’actif qui ne baissera pas, alors qu’il y aura forcément des corrections à la baisse à un moment donné, comme on l’a connu en 2008. »