« Bordeaux reste attractive malgré la crise »

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Votre programme s'intitulait « 33 actions pour Bordeaux ». Les avez-vous concrétisées ?

C'était un programme pour six ans, mais tout a avancé. Je suis très content de l'équipe, notamment des nouveaux adjoints de quartiers qui sont sur le terrain. L'Agenda 21 et le projet urbain « Grand Bordeaux 2030 » ont permis de cadrer l'action municipale. Le troisième pilier est en cours d'élaboration, à savoir le projet social phase 3, qui sera présenté en fin d'année.

La crise a-t-elle modifié vos plans ?

La meilleure réponse à la crise, c'est de poursuivre les investissements. En 2009, ils atteignent 60 millions d'euros, un record, et nos ressources nous permettent de tenir nos engagements. On pouvait craindre un blocage des initiatives privées, mais ce n'est pas le cas pour l'instant. Bordeaux reste attractive et résiste mieux à la crise que le reste de la Gironde. Le projet de la Berge du Lac est lancé et nous avons réussi le sauvetage miraculeux de Ford Blanquefort.

Durant l'année écoulée, quels dossiers n'ont pas fonctionné ?

Je regrette que l'Internet de quartier n'ait pas pu démarrer, car c'est très compliqué à mettre en place. La pépinière des Chartrons a également pris du retard, car nous n'avons pas pu nous entendre avec la chambre de commerce. La ville a donc repris le dossier. Ces locaux accueilleront par roulement une vingtaine d'entreprises, dédiées à l'économie créative. Mais ma plus grande inquiétude concerne la ligne à grande vitesse. Les collectivités locales ne se sont toujours pas entendues sur son financement, ce qui risque de faire perdre encore un an et de bloquer le grand projet urbain Euratlantique, qui sera lancé par décret en fin d'année.

Où en sont les 3 500 nouveaux logements sociaux promis sur six ans ?

Ils seront situés dans les écoquartiers de l'arc du développement durable, en périphérie de la ville. Deux grandes opérations démarrent : la Berge du Lac et ses 2 100 logements, dont un tiers de sociaux, et Bastide-Niel, avec 2 000 logements prévus, dont 40 % de sociaux. Sans oublier l'îlot d'Armagnac et ses 500 futurs logements, dont 25 % à 30 % de sociaux, ainsi que l'opération Aquitanis à la Benauge.

Bordeaux compte 15 % de logements sociaux, alors que la loi en impose 20 %...

On rattrapera ce retard dans vingt ans. Pour l'heure, nous avons fixé un minimum de 20 % de logements sociaux pour chaque nouvelle opération. Le PLU impose aussi un quota de 25 % aux opérations privées de plus de 28 appartements. Dans le centre-ville, où les programmes sont limités en taille, cela ne peut concerner que quelques dizaines d'unités.

La ville aurait pu devenir capitale européenne de la culture l'an dernier. Que reste-t-il de Bordeaux 2013 ?

Le grand événement Evento Bordeaux est lancé et les acteurs culturels bordelais y sont associés. Didier Faustino, qui pilote le projet, est en train de prendre contact avec eux. Artistes et associations seront conviés ce soir à un premier dîner-rencontre. Bordeaux 2013 se prolonge également par une mission confiée à Richard Coconnier, qui doit approfondir le volet culturel du projet Darwin à la caserne Niel. Un chargé de projet a également été nommé pour s'occuper du futur centre culturel du vin, qui s'implanterait aux bassins à flot.

Vous resterez un maire à plein temps ?

J'ai dit que je serais candidat aux législatives en 2012. Lorsqu'on est maire d'une grande ville, il est important d'avoir un mandat national. Les Bordelais comprendront qu'après trois années entièrement consacrées à leur ville, je veuille donner une autre dimension à mon action. Mais je ne brigue aucune fonction au gouvernement. ■■Recueilli par Marion Guillot