« Le contexte économique n'est plus le même »

Orianne Dupont

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« On repart pour dix ans... » Emmanuel de Montbron, propriétaire forestier de 700 ha à Captieux (Gironde), est dépité face à sa forêt meurtrie par la tempête. Il a perdu 20 % de sa production, 18 000 m3 sont à terre. Et s'il a des clients prêts à acheter du bois, il temporise pour obtenir les aides de l'Etat. « On devrait travailler deux fois plus, mais on travaille deux fois moins », regrette-t-il.

Avant le 24 janvier, le propriétaire était à peu près à jour dans son travail. Le nettoyage post-99 était fait (il lui aura fallu près de quatre ans pour moins de dégâts que cette année), le reboisement était achevé et avec d'autres sylviculteurs, ils avaient mis sur pied un groupement pour vendre de plus grosses quantités de bois. « Aujourd'hui, j'ai quatre fois le volume de ce que j'ai habituellement en une année, on va prendre du retard dans l'entretien et pour la commercialisation, le contexte économique n'est pas celui de 1999 », souligne-t-il. Par ailleurs, comme nombre de sylviculteurs, il n'était pas assuré : « Les assurances avaient augmenté après la première tempête pour des indemnités faibles et puis on se disait que c'était la tempête du siècle. » D'ailleurs, les 65 ha qu'il a replantés ne sont constitués que de pins car « c'est l'essence qui s'adapte le mieux et il y a une vraie économie autour du pin maritime », explique-t-il en affirmant qu'il replantera encore du pin cette fois-ci. Peut-être du pin taeda (d'Amérique du Nord), qui avait mieux résisté en 1999. Malgré le contexte morose, il espère que cette situation engendrera des avancées : « On va peut-être trouver d'autres débouchés qui vont aider la filière. En 1999, la tempête avait accéléré la mécanisation de l'exploitation. »■