Bordeaux : Emotion et colère devant le domicile de Sandra, tuée à coups de couteau vendredi

FEMINICIDE Les parents de la jeune femme retrouvée morte à son domicile vendredi étaient présents et ont fait part de leur volonté d’obtenir la garde de leur petite fille âgée de quatre ans

Elsa Provenzano

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Féminicide: Emotion et colère devant le domicile de Sandra à Bordeaux — 20 Minutes
  • Un rassemblement en hommage à une jeune femme tuée à coups de couteau vendredi a été organisé ce dimanche à Bordeaux.
  • Les parents de la victime disent avoir vécu chez leur fille pendant plusieurs mois, dans la peur de leur ex-beau fils qui rôdait toujours dans les parages.
  • Ils aimeraient récupérer au plus vite la garde de leur petite-fille de quatre ans, placée au sein des services sociaux du département.

« On avait fabriqué cette banderole pour Chahinez (brûlée vive à Mérignac en mai dernier) mais on ne savait pas qu’elle allait resservir aussi vite » déplore Laurence Laborde, membre du collectif féministe, qui tient un des côtés du drap noir où l’on peut lire « Pas une de plus ». Elle participe avec de nombreux amis, voisins et militants féministes au rassemblement organisé ce dimanche en mémoire de Sandra, une jeune femme de 31 ans tuée à coups de couteau vendredi. Son ex-conjoint qui la harcelait a été déféré ce dimanche à midi devant le parquet en vue de l’ouverture d’une information judiciaire du chef de meurtre par une personne étant ou ayant été conjoint. Catherine Fabre, députée LREM de la Gironde et le maire de Bordeaux Pierre Hurmic (EELV) ont participé au rassemblement.

De nombreux bouquets ont été déposés sur le portail de l’échoppe où vivait la jeune femme avec sa petite fille de quatre ans et de petites bougies ont aussi été allumées sur l’appui de fenêtre. « Son coussin est resté dans la voiture qui est garée devant, elle ne dort pas sans… », se lamente sa grand-mère. Quand ils ont appris le décès de leur fille, les grands-parents sont arrivés de Valence, où ils vivent, à toute vitesse. L’enfant du couple a été prise en charge le jour des faits par les services sociaux du Conseil départemental de la Gironde, sur ordonnance de placement provisoire du parquet. Désespérés de ne pas l’avoir déjà avec eux, ils espèrent obtenir sa garde rapidement.

« Elle a voulu faire selon la loi »

Les parents de Sandra, inquiets pour leur fille, sont restés de janvier à mai enfermés avec elle et la petite. Ils racontent qu’ils avaient peur car l’ex de leur fille était constamment dans les environs. « Il était suivi, les voisins aussi avaient porté plainte, tout le monde savait qu’elle était menacée. C’est un moment de recueillement mais il y a aussi de la colère », pointe Laurence Laborde.  « Il aurait fallu qu’il soit davantage surveillé et ma fille plus protégée », estime le père de Sandra. « Elle a voulu faire selon la loi et lui, il l’accablait, voilà ce que ça donne », déplore sa mère, effondrée.

« Les moyens sous-dimensionnés, en Gironde et dans toute la France, constate Nicole Blet, trésorière du planning familial de Bordeaux. Juste un exemple, en France il y a une centaine de téléphones "grave danger" et il y a environ 225.000 victimes de violences par an. » Elle s’interroge aussi sur les raisons pour lesquelles l’ex-conjoint de la victime n’a pas fait l’objet d’une ordonnance de protection, qui permet de contacter la police dès que celui visé par l’ordonnance l’enfreint.

De longues minutes de silence ont été observées par la petite foule avant qu’un membre de la famille n’invite le rassemblement à se disperser, en assurant que « le combat pour Sandra », continuait.