Bordeaux : « Un très fort risque d’effondrement » pour les immeubles contigus à ceux déjà tombés, selon l’expertise

URBANISME L’expertise alerte sur la possibilité d’un effet domino sur les immeubles voisins de ceux qui se sont effondrés dans la nuit du 20 au 21 juin dans le centre historique de Bordeaux

Elsa Provenzano
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Le périmètre de sécurité a été étendu ce week-end autour du secteur de l'effondrement.
Le périmètre de sécurité a été étendu ce week-end autour du secteur de l'effondrement. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • L’expert mandaté par le tribunal administratif de Bordeaux après l’effondrement de deux immeubles estime qu’il existe un risque important d’écroulement de bâtiments contigus.
  • Il a validé le périmètre de sécurité mis en place par la mairie, qui a évacué 13 immeubles au total.
  • Des travaux de sécurisation sont demandés rapidement aux propriétaires privés des immeubles concernés.

Une semaine après l'effondrement de deux immeubles du XVIe siècle aux n°19 et 21 de la rue de la Rousselle à Bordeaux dans la nuit du 20 au 21 juin, on connaît l’avis de l’expert mandaté par le tribunal administratif à la demande de la mairie. Après un diagnostic, notamment réalisé grâce à un drone, il pointe un risque avéré d’autres écroulements tout en validant le périmètre de sécurité mis en place par la ville. Au total treize immeubles ont été évacués par précaution.

Un risque imminent identifié

« Les deux immeubles contigus au 19 et au 21 rue de la Rousselle (17, 17 bis et 23) comportent un très fort risque d’effondrement », rapporte ce mardi à la lumière de l’expertise Stéphane Pfeiffer, l’adjoint au Logement. Ces bâtiments comportent des fissures et lézardes importantes et menaceraient de s’écrouler à tout moment. « A Bordeaux, on a des bâtiments qui se tiennent les uns les autres donc quand l’un tombe, cela fragilise ceux d’à-côté. Le risque est que les 17 et 23 s’écroulent et amènent avec eux les 15 et 25, par un effet domino », ajoute l’élu.

L’expert recommande une mise en sécurité en trois phases : il s’agit d’étayer les bâtiments contigus, puis d’enlever les gravats encore sur place avant de venir sécuriser plus durablement la zone. Les travaux de sécurisation seront contrôlés par un bureau d’études et selon ses conclusions le retour des personnes évacuées (69 sont recensées par la mairie à ce jour) pourra être organisé. Des diagnostics de structure seront réalisés au fur et à mesure, et peut-être que d’autres mesures seront prises en fonction.

Les propriétaires privés des logements concernés ont dix jours pour faire les travaux de sécurisation et sont en train de discuter pour recourir à une même entreprise. « S’ils ne le font pas dans le temps imparti, la ville s’y substituera et leur adressera la facture », précise Stéphane Pfeiffer. Mais pour l’instant la ville compte sur la bonne volonté des propriétaires.

La ministre du Logement sollicitée

On ignore encore les causes de l’effondrement, qui va occuper les experts des assurances des propriétaires concernés. Anticipant cette étape, la mairie prépare une étude en croisant les données concernant les immeubles vacants, ceux concernés par une déclaration d’utilité publique et ceux signalés à ses services.

Un courrier a aussi été adressé à la ministre du Logement pour envisager « des pistes d’action » après l’arrêt programmé l’année prochaine du financement par l’agence nationale de rénovation urbaine (Anru) de la réhabilitation du centre ancien, qui en a visiblement encore besoin.