Immeubles effondrés à Bordeaux : « Dans plusieurs quartiers anciens, les habitants sont inquiets »

LOGEMENT Alors que trois immeubles se sont effondrés en dix jours, un arrêté de péril a été pris le 18 juin dernier sur une autre habitation du centre de Bordeaux, entraînant l’évacuation de neuf immeubles

Mickaël Bosredon

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Deux immeubles se sont effondrés rue de la Rousselle à Bordeaux, le 20 juin 2021
Deux immeubles se sont effondrés rue de la Rousselle à Bordeaux, le 20 juin 2021 — Elsa Provenzano/20Minutes
  • Après les effondrements de la rue Planterose et de la rue de la Rousselle, la ville de Bordeaux indique avoir dû prendre un arrêté de péril sur une habitation de la rue Labirat le 18 juin dernier, entraînant l’évacuation de neuf immeubles.
  • Dans le secteur de la rue de la Rousselle, trois immeubles sur les treize évacués ont rouvert partiellement, et environ 90 personnes ont pu récupérer leurs biens ce jeudi.
  • L’expert judiciaire a parallèlement démarré son travail son jeudi et devrait rendre ses conclusions avant la fin du week-end.

« Trois immeubles qui tombent en dix jours, et un troisième ensemble qui est mis en péril et évacué, oui c’est inquiétant… » Joint ce jeudi par 20 Minutes, Stéphane Pfeiffer, adjoint au logement à la mairie de Bordeaux, ne cache pas que la situation concernant les immeubles anciens dans le centre historique de la ville est préoccupante.

Même si les événements de la rue Planterose (où un immeuble vide s’est écroulé le 16 juin) et de la rue de la Rousselle (où un autre immeuble s’est effondré dimanche, entraînant un deuxième dans sa chute, et faisant trois blessés) restent les plus importants de ces derniers jours, ce ne sont pas des cas isolés.

Stéphane Pfeiffer indique ainsi que la municipalité a dû prendre un arrêté de péril avec risque d’effondrement au 28, rue Labirat, près du palais de justice, le 18 juin. Décision prise après une inspection de l’ingénieur bâtiment de la municipalité, ce qui a eu pour effet l’évacuation de neuf immeubles rue Labirat et rue de Lalande. « Depuis, on a fait réintégrer deux immeubles, mercredi, et des travaux de sécurisation auront lieu la semaine prochaine. En tout, une trentaine de personnes sont encore concernées [par l’évacuation] » nous indique l’adjoint au logement.

Quelque 90 personnes ont pu récupérer leurs biens ce jeudi

Dans le secteur de la rue de la Rousselle, près de la Porte de Bourgogne, trois immeubles sur les treize qui ont été évacués dimanche ont pu partiellement rouvrir mercredi : les 12, 14 et 16 cours Alsace-Lorraine, mais uniquement pour les occupants qui ont leurs appartements donnant sur le cours Alsace-Lorraine.

Parallèlement, quelque 90 personnes évacuées ont pu récupérer une partie de leurs biens ce jeudi. « Les pompiers accompagnés d’un agent de police municipale sont rentrés dans les appartements pour récupérer des affaires, précise Stéphane Pfeiffer. Les gens sont soulagés, car certains n’avaient plus leur carte bleue, ni de pièce d’identité… En plus, les pompiers avaient annoncé dans un premier temps qu’ils ne pourraient prendre que les biens essentiels, finalement c’est plus large que cela. »

Entre 130 et 140 personnes ont été évacuées en tout, « et l’immense majorité s’est relogée par elle-même, chez des amis ou dans de la famille, poursuit l’élu. Toutefois, il y a un nombre de relogements par la ville qui augmente, puisque nous sommes passés de six mardi à dix mercredi. Et chaque jour nous avons de nouvelles personnes qui nous sollicitent. »

Un expert judiciaire sur place

On devrait savoir avant la fin du week-end si ce périmètre de sécurité autour des deux immeubles effondrés sera levé, maintenu ou élargi. « Nous avons eu la confirmation qu’il n’y aurait pas de scellés judiciaires, ce qui a permis à un expert judiciaire de démarrer son expertise ce jeudi, pour déterminer la solidité des bâtiments, et les éventuels travaux de sécurisation à réaliser. »

Quant aux causes de l’effondrement, même si des travaux étaient menés sur l’immeuble du 21 rue de la Rousselle, « aucun expert ne se prononce clairement, et il y a encore plusieurs pistes, explique l’adjoint au logement. Il est notamment possible que les récents orages et fortes pluies aient affaibli un immeuble qui était déjà fragile. Il faudra quelques semaines pour obtenir des conclusions. »

Cette série inquiète en tout cas, que ce soit les habitants de la rue de la Rousselle ou de la rue Planterose, « mais aussi dans plusieurs quartiers anciens de Bordeaux. » « C’est pour cela que l’on veut trouver rapidement un bureau d’études capable de nous faire un audit sur l’ensemble de la rue [de la Rousselle] pour rassurer propriétaires et locataires, et que l’on veut dans la foulée réaliser un audit sur les trois secteurs concernés. Et on va aussi identifier les poches de difficulté qui existent dans d’autres secteurs. »