Bordeaux : Après l'effondrement d'un immeuble du centre, un plan spécial pour toute la rue?

HABITAT Au total onze immeubles ont dû être évacués après la chute d'un bâtiment inoccupé mercredi après-midi, dans le centre de Bordeaux 

Elsa Provenzano

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La façade du 24/26 rue Planterose s'est effondrée vers l'avant.
La façade du 24/26 rue Planterose s'est effondrée vers l'avant. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Un immeuble du centre ville de Bordeaux s'est effondré rue Planterose, sans faire de blessé mercredi. 
  • La ville prévoit des actions spécifiques sur cette rue car d'autres habitations lui ont été signalées comme très vétustes. 
  • Le secteur Saint-Michel, cours de la Marne, Belcier est particulièrement surveillé par les services de la ville. 

Mercredi, un effondrement spectaculaire a eu lieu au 24/26 rue Planterose, dans le quartier Saint-Michel à Bordeaux, sans faire de blessé. Un arrêté de péril avait été pris le 3 juin par la ville et des travaux de sécurisation étaient en cours sur l’immeuble en question, après l’évacuation des immeubles voisins. « Onze immeubles ont été évacués au total, ce qui représente environ 30 foyers, soit 50 à 60 personnes relogées », précise Stéphane Pfeiffer adjoint au logement à la mairie de Bordeaux.

Inoccupé depuis 2014, l’immeuble dont la façade s’est effondrée par l’avant, devait être restructuré par un investisseur privé qui n’a en fait jamais commencer les travaux. C’est finalement Incité, société d’économie mixte dont le but est de réhabiliter les logements vétustes, qui a racheté le bien en 2019. La démolition devait intervenir dans trois mois avant la construction de logements en accession sociale à la propriété. « Après les travaux de sécurisation du site, des bureaux d’études vont vérifier la solidité des bâtiments », pointe Stéphane Pfeiffer.

« Un problème global d’entretien par les propriétaires bailleurs »

Mais au-delà de l’immeuble effondré, une problématique plus large a été mise en avant. « En discutant avec les locataires, on s’est rendu compte qu’on avait un problème d’habitat indigne très prononcé dans cette rue, relève l’adjoint au logement. Il y a un problème global d’entretien par les propriétaires bailleurs (même si certains entretiennent correctement leurs biens, ils ne sont pas tous en cause) ». La mairie, dont la priorité est dans un premier temps la sécurisation de la rue, réfléchit à une action spécifique sur le secteur. « On n’a pas attendu l’événement rue Planterose pour s’en occuper, on travaille dessus depuis plusieurs mois, fait-il valoir. Il faut une vigilance particulière sur certaines poches, comme le secteur Saint Michel, cours de la Marne Belcier. »

Il estime que « le permis de louer » va aider la mairie à contrôler l’état des logements mis sur le marché. Si on est tenté de faire un rapprochement avec la situation à Marseille, l’adjoint rappelle que le volume de logements concernés à Bordeaux est bien inférieur et qu’Incité est déjà à pied d’œuvre pour recenser et traiter ces habitats vétustes.