Bordeaux : Douze ans de prison pour le meurtre d’un homme qui l’importunait

PROCES Les faits se sont déroulés en 2016 à Bordeaux lors d’une soirée

20 Minutes avec AFP

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Sur la place de la Victoire à Bordeaux lors d'une manifestation en 2017. (archives)
Sur la place de la Victoire à Bordeaux lors d'une manifestation en 2017. (archives) — UGO AMEZ/SIPA

Une jeune femme de 22 ans, qui avait tué à coups de pied dans la tête un homme qui l’importunait un soir dans le centre de Bordeaux, a été condamnée vendredi à douze ans de réclusion criminelle pour homicide par la Cour d’assises de la Gironde. Kessy, contre laquelle dix-huit ans avaient été requis, a vu sa peine assortie d’une obligation de suivi sociojudiciaire pendant cinq ans.

Un soir de décembre 2016, place de la Victoire à Bordeaux, la jeune femme, 18 ans à l’époque, avait été importunée à plusieurs reprises par un jeune trentenaire visiblement en état d’ivresse. Elle – qui n’était pas alcoolisée — l’avait repoussé, et alors qu’il était au sol, lui avait donné deux coups de pied dans la tête « comme on frappe dans un ballon de football », selon ses propos aux enquêteurs, cités à l’audience. Transporté dans un état critique au CHU de Bordeaux, l’homme était décédé des suites de ses blessures quelques jours plus tard.

« Sur le moment, elle n’a rien regretté, si ce n’est d’avoir sali ses chaussures »

L’accusée « a fait exprès d’asséner deux coups à la tête de la victime. Ce choix délibéré caractérise une intention de tuer », a insisté l’avocat général Benjamin Alla, relevant que « sur le moment, elle n’a rien regretté, si ce n’est d’avoir sali ses chaussures avec le sang de la victime », et est partie sans se soucier de l’état de l’homme au sol ni appeler les secours. « Il l’a bien cherché », a-t-elle déclaré selon des témoins.

Kessy, au passé adolescent toxicomane, « a vécu des violences de la part de ses parents. Elle a vu ses parents être violents entre eux (…), a aussi été violée. Ce passé de misère n’est pas anecdotique », a expliqué Dominique Laplagne, avocat de la défense, plaidant la clémence en raison de l’âge de l’accusée, du « doute » sur l’intention de tuer, et de son comportement sans accroc depuis sa remise en liberté il y a deux ans. L’accusée, sans emploi, dit aujourd’hui « avoir des remords mais elle a toute la vie pour se reconstruire. Pour Vincent Cazeaux, c’est terminé. Il ne reste qu’un sentiment d’anéantissement pour sa famille », avait pour sa part plaidé Me Julien Plouton, avocat de la partie civile.