L'avenir des fac-similés à un tournant

Marion Guillot

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Il n'y a pas que les originaux qui sont en péril. Alors qu'un congrès scientifique consacré à la conservation de la grotte de Lascaux s'ouvre aujourd'hui à Paris, l'avenir de l'atelier qui produit les fac-similés à Montignac est également incertain. Lundi, le conseil d'administration de la Semitour, société d'économie mixte qui gère de nombreux sites touristiques de Dordogne et qui a racheté l'atelier en 2008, a confié le contrôle total de la structure à son directeur général, Eric Dosset.

Les 400 000 euros de dettes de son fondateur, l'artiste-plasticien Renaud Sanson, n'ont pas été repris. Il accuse le coup : « Je me bagarrais pour faire de la recherche depuis dix ans. Le conseil général, qui avait racheté les ateliers en 1998, m'a toujours soutenu. Mais aujourd'hui, la Semitour a pris le pouvoir et je ne suis plus rien. » L'artiste, qui parle de « limogeage » compte faire appel à un avocat pour se sortir de cette impasse financière. Le directeur général de la Semitour, Eric Dosset, par ailleurs premier adjoint du maire de Périgueux, ne veut pas s'étendre sur le sujet. Il invoque « de nouveaux marchés en cours » pour l'atelier de fac-similés qui l'obligent à restreindre la communication. Le conseil général, actionnaire majoritaire de la Semitour, semble gêné aux entournures : « Renaud Sanson a un savoir-faire unique, mais c'est un artiste qui doit se plier au fonctionnement d'une entreprise », commente-t-on laconiquement au sein de l'institution. Le plasticien, lui, ne s'avoue pas vaincu : « Sans moi, il n'y a plus d'atelier et cette affaire va faire du bruit », prévient-il. Sa société, ZK Productions, avait développé des technologies qui réalisaient des reproductions d'une extrême précision. C'est à lui et à son équipe que l'on doit « Lascaux II » puis « Lascaux révélé », fac-similé de la nef cachée des grottes présenté au public pour la première fois l'été dernier et qui a attiré 43 000 visiteurs. ■