Un désert médical s'annonce aux portes de Bordeaux

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Si la Gironde reste un département où les médecins aiment travailler, certaines zones, comme le Médoc, l'Entre-Deux-Mers et le Sud-Gironde pourraient basculer. « Le nombre de médecins est suffisant, mais beaucoup partent à la retraite », s'inquiète Dany Guérin, vice-présidente de l'Union régionale des médecins libéraux d'Aquitaine (Urmla). Dans le nord Médoc, quatre des douze médecins sont en maladie ou se sont retirés. Ce qui réduit et désorganise l'offre de soins. Le conseil de l'ordre départemental a donc fait un appel aux volontaires pour venir exercer dans ces zones. Une mesure qui pourrait être beaucoup plus contraignante si le projet de loi « hôpital, patients, santé et territoires » est appliqué. Il prévoit une obligation des jeunes médecins à venir s'établir dans les zones rurales et une interdiction de travailler dans les zones surdotées.

Selon la vice-présidente de l'Urmla, « on devrait plutôt proposer une bourse d'études aux étudiants qui, en échange, feraient quelques années dans des zones défavorisées ». Localement, peu de mesures incitatives efficaces ont été mises en place. « Il faudrait créer des maisons médicales où les professionnels se regrouperaient et où des spécialistes viendraient consulter », ajoute-t-elle. Ce concept - sur lequel travaille un médecin depuis dix ans - va voir le jour à la Réole. « Des médecins sont même revenus s'installer dans cette zone », conclut Dany Guérin. ■O. D.