L'extrême droite en mouvement à bordeaux

Stéphanie Lacaze

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Alors que le FN moribond ne sait plus à quel leader se raccrocher, des mouvements radicaux fleurissent sur les ruines du parti. A Bordeaux, deux groupes ont fait leur apparition ces derniers mois. Le premier Dies Irae (jour de colère), né après l'élection présidentielle se présente comme un mouvement chrétien à vocation sociale et caritative. Ce groupe qui revendique aujourd'hui une centaine de membres apparaît très bien organisé. Il dispose d'un local dans le centre-ville pour y tenir des réunions, organise des journées d'entraînement physique et tient un site Internet bien actualisé. Dies Irae vient même de faire l'acquisition d'un terrain à quelques kilomètres de Bordeaux dans le but « d'y aménager des terrains sportifs et ludiques ouverts à tous ceux qui le désirent. » Un vernis de respectabilité sur un fond nationaliste qui voit un modèle dans la Russie de Vladimir Poutine.

Un autre mouvement vient désormais marcher sur ses plates-bandes. Le Bloc Identitaire s'est fait connaître en organisant une action contre le projet de Grande Mosquée de Bordeaux. Ses membres avaient diffusé l'appel à la prière du muezzin, dans le quartier de la Bastide. Un acte revendiqué car « il a permis de susciter le débat », selon Thibault du Réau ex-FN qui vient de rejoindre le Bloc. Pour lui, avec la construction de mosquées, « c'est la face de notre société qui est en train de changer ». Il souhaite donc « alerter la population sur ce danger. » Cette action a permis à la mouvance, forte d'une trentaine de membres, de recruter cinq adhérents. A l'hôtel de police on reconnaît « être attentif » à l'évolution de ces groupes. Même si pour l'instant, on ne peut rien leur reprocher pénalement. ■