Déconfinement en Gironde : « Même si on est en plein air, il faut encore être modérés » , estime un infectiologue

NEZ AU VENT A Arcachon, le maire de la ville a levé l’obligation du port du masque à l’extérieur et à Biarritz, il n’est plus nécessaire de le porter en bord de mer

Elsa Provenzano
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Le masque n'est plus obligatoire à l'extérieur dans les rues d'Arcachon, en Gironde.
Le masque n'est plus obligatoire à l'extérieur dans les rues d'Arcachon, en Gironde. — AFP
  • Les villes d’Arcachon et de Biarritz ont allégé leurs arrêtés réglementant le port du masque.
  • Pour un infectiologue du CHU de Bordeaux, il est raisonnable de retirer son masque dans un espace extérieur ventilé en bord de mer, mais il faut le garder en cas de densité importante des populations.
  • Un médecin biarrot plaide, lui, depuis le début de l’épidémie, pour une obligation du port du masque uniquement dans des espaces clos mal ventilés. Il estime qu’il n’y a pas de risque au grand air. 

Dans les stations balnéaires, beaucoup de promeneurs avaient déjà baissé le masque pour profiter au maximum des embruns marins. A Arcachon et Biarritz, ils pourront maintenant le faire sans risquer d’ amende. Depuis ce jeudi, le maire d’Arcachon Yves Foulon (LR) a levé son arrêté d’obligation du port du masque en extérieur. A Biarritz aussi, les interdictions s’allègent et le bord de mer pourra être fréquenté le nez au vent. Les arrêtés préfectoraux sur l’obligation du port du masque autour des établissements scolaires et sur les marchés, et l’arrêté interdisant la consommation d’alcool dans les zones à forte concentration de personnes restent en vigueur.

« Pas aberrant dans des zones circonscrites »

« Cela ne me paraît pas plus incohérent qu’une terrasse où on est six sur une table et où il y a forcément plus de proximité », réagit Charles Cazanave, infectiologue au CHU de Bordeaux. S’il convient qu’il est temps de lâcher un peu de lest, il insiste sur la nécessité d’un déconfinement progressif. « Cela ne me paraît pas aberrant dans des zones circonscrites mais il faut rester prudents dans des artères de centre-ville très passantes et très commerçantes où là, on est un peu agglutinés les uns les autres. Même si on est en plein air, il faut encore être modérés », estime cet infectiologue. Il conseille aux personnes qui se sentent à risque de continuer à le porter.

L’apparition des nouveaux variants, comme le variant indien, et le manque de connaissance à leurs sujets incitent aussi à la prudence. « De ce que j’ai vu, les gens qui se retrouvent dehors ce sont plutôt des jeunes et je n’ai pas vu beaucoup de personnes âgées qui, paradoxalement, sont peut-être mieux vaccinées », ajoute-t-il aussi.

Quel risque de contamination en plein air ?

« Enfin la raison l’emporte ! Réagit pour sa part Guillaume Barucq, médecin biarrot. Cela n’aurait jamais dû être mis en place. On sait aujourd’hui que porter un masque en plein air ne sert à rien, cela fait des mois que je le dis. On se contamine quasi exclusivement dans les milieux clos et mal ventilés ».

Charles Cazanave se montre beaucoup plus prudent, pour lui c’est la densité de personnes présente à l’extérieur qui est décisive. « Globalement, c’est vrai qu’on a pu avoir des messages contradictoires sur le Covid. On sait qu’en espaces extérieurs très ventilés le risque de se contaminer est très faible voire nul, le problème c’est la densité de personnes qu’il peut y avoir, et là il peut y avoir des contaminations dans des endroits mêmes ventilés. A Arcachon et Biarritz, même s’il y a du monde, sur les fronts de mer il y a plus d’espaces entre les gens que dans la rue ».

Pour le médecin biarrot qui se qualifie d’aériste [comprenez en faveur de l’aération des populations] la contamination est impossible dans un espace extérieur ventilé. « On ne se contamine pas avec une fraction de virus qu’on va respirer, insiste-t-il. Les gens qui se contaminent ont passé du temps avec une personne ou dans un local chargé en virus, ce qui est virtuellement impossible en plein air ». Son conseil à lui c’est de passer le moins de temps dans des endroits confinés.

Une chose est sûre il sera difficile de revenir sur cette mesure. On reprend vite goût au grand air… Reste à voir comment va se dérouler la période estivale, dans ces stations balnéaires très prisées des touristes.