Coronavirus à Bordeaux : Trois grandes expos à voir absolument à la réouverture des musées ce mercredi

CULTURE A la faveur de la réouverture des musées mercredi 19 mai, trois belles expos qui devaient se tenir en 2020 ou au début de cette année, vont enfin pouvoir être présentées au public

Mickaël Bosredon

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Bordeaux: Trois grandes expos à ne pas rater à la réouverture des musées — 20 Minutes
  • La réouverture des musées programmée mercredi, s’effectuera dans un premier temps avec une jauge limitée de 8 m2 par visiteur, avant de passer à 4 m2 par visiteur au 9 juin.
  • A Bordeaux, ce sera l’occasion de partir à la découverte de trois belles expositions, qui attendent d’ouvrir depuis plusieurs mois.
  • On pourra ainsi s'émerveiller devant les peintres impressionnistes à la base sous-marine, (re)découvrir Dionysos et Bacchus à la Cité du Vin, et plonger dans l'univers du dessinateur Hugo Pratt au musée d’Aquitaine.

Après six mois de fermeture, les musées ont pu peaufiner leurs projets. Trois expositions qui devaient se tenir en 2020 ou au début de cette année, vont ainsi enfin pouvoir être présentées au public à partir de mercredi 19 mai, dans le respect des règles sanitaires en vigueur. Il s’agit de Monet, Renoir… Chagall, Voyages en Méditerranée aux Bassins de Lumières (base sous-marine), Boire avec les dieux à la Cité du Vin, et Hugo Pratt, Lignes d’Horizons au musée d’Aquitaine. 20 Minutes a pu les visiter en avant-première… Présentation.

Monet, Renoir… Chagall, Voyages en Méditerranée aux Bassins de Lumières

L'exposition Monet, Renoir... Chagall, à voir jusqu'au 2 janvier 2022.
L'exposition Monet, Renoir... Chagall, à voir jusqu'au 2 janvier 2022. - Mickaël Bosredon/20 Minutes

Cette nouvelle exposition immersive dans le gigantisme du site de la base sous-marine de Bordeaux, tourne autour de la Méditerranée. « C’est une exposition sur la découverte de la Méditerranée par les artistes de la fin du XIXe siècle, jusqu’au milieu du XXe siècle, avec Monet, Renoir au début, un passage chez les fauves, les pointillistes au milieu, et Chagall pour finir en apothéose, qui reste un des grands peintres de la lumière de la Méditerranée, résume le directeur des Bassins de Lumières Augustin de Cointet. Ces peintres découvrent les lumières fabuleuses que l’on a dans le sud de la France, grâce à la ligne de train Paris-Lyon-Méditerranée qui s’ouvre à la fin du XIXe. »

Déjà présentée dans deux autres sites de Culturespaces, les Carrières de Lumières aux Baux-de-Provence, et l’Atelier des Lumières à Paris, cette exposition « a été refaite intégralement parce que les Bassins de Lumières amènent une mise en scène tout à fait particulière avec des perspectives plus profondes et un jeu de reflet dans l’eau » poursuit Augustin de Cointet.

Un programme plus court présentera le regard d’un autre artiste, Yves Klein, sur la Méditerranée. « Klein est le peintre de l’immatériel, et sa grande révélation est le bleu qui vient de la profondeur de la couleur de la Méditerranée. »

Jusqu'au 2 janvier 2022

Boire avec les Dieux à la Cité du Vin

Dionysos est le personnage central de l'exposition
Dionysos est le personnage central de l'exposition - Mickaël Bosredon/20Minutes

Quatrième grande exposition de la Cité du Vin, Boire avec les dieux est consacrée à une époque « fondatrice » de l’histoire et de la culture du vin, l’antiquité grecque et romaine. Des objets exceptionnels en provenance du Louvre, de la fondation Gandur ou encore du musée archéologique d’Athènes, sont à découvrir le long de cette très enrichissante exposition, ainsi que des œuvres contemporaines signées de street artistes

« La particularité du monde grec est d’avoir créé un mythe et un dieu autour du vin, Dionysos, explique Isabelle Tassignon, archéologue, et une des deux commissaires de l’exposition. Dionysos apparaît sous de nombreuses formes, jeune et séducteur, vieux et ivre, et il peut aussi prendre la forme d’un dieu taurin… Mais sa forme la plus canonique est un jeune éphèbe accompagné d’une panthère, l’animal-attribut de Dionysos. » « Dionysos est le personnage central, même si ce n’est pas une expo sur Dionysos, précise Jean-Yves Marin, archéologue, directeur de musée et autre commissaire de l’exposition. On montre aussi le basculement vers Bacchus, et on explique comment dans le monde romain le vin devient quelque chose de banal, contrairement aux Grecs, où le vin est l’apanage des dieux, et si les hommes en boivent c’est pour se rapprocher de ces dieux. »

« La consommation du vin dans le monde grec est extrêmement ritualisée, complète Isabelle Tassignon. On ne consomme pas le vin dans n’importe quel vase, et on l’utilise coupé avec de l’eau. Ceux qui le consomment pur passent pour des barbares. On l’aromatise aussi, avec des épices, des herbes, que l’on filtre. Enfin, ce sont les hommes qui en consomment, pas les femmes, sauf cas exceptionnels. »

Jusqu’au 29 août

Hugo Pratt, Lignes d’Horizons, au musée d’Aquitaine

L'exposition Hugo Pratt, Lignes d'Horizon, est à découvrir au musée d'Aquitaine jusqu'au 6 février 2022
L'exposition Hugo Pratt, Lignes d'Horizon, est à découvrir au musée d'Aquitaine jusqu'au 6 février 2022 - Mickaël Bosredon/20 Minutes

Réécriture d’une exposition qui s’était déjà tenue au musée des Confluences à Lyon, Hugo Pratt, Lignes d’Horizons parcourt l’œuvre du célèbre dessinateur de BD, en l’accompagnant d’objets ethnologiques qui lui font écho.

Dans son œuvre, et notamment à travers son principal héros Corto Maltese, Hugo Pratt a réalisé un « véritable travail ethnographique » insiste le co-commissaire de cette exposition Michel Pierre, qui a bien connu l’artiste. « Même s’il a vécu en Argentine ou au Brésil, Pratt prenait le plus souvent son inspiration de catalogues d’expositions de musée, ou du National Geographic, raconte Michel Pierre. Je pense qu’il ne s’est jamais rendu en Papouasie-Nouvelle Guinée, ni en Chine ni à Hong Kong, mais il possédait une très grande culture livresque. » Directeur du musée d'Aquitaine, Laurent Védrine souligne « le travail documentaire de très grande qualité réalisé par Pratt sur ces cultures. »

Pirogues, masques, statues… Plusieurs objets présentés proviennent directement des collections du musée d’Aquitaine, d’autres ont été prêtés par le musée du quai Branly à Paris, le musée d’ethnographie de Neuchâtel ou le muséum de La Rochelle. « Associer des objets qui viennent d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, avec les planches d’Hugo Pratt nous permet de présenter nos collections de manière plus dynamique que d’ordinaire, explique Paul Matharan, conservateur et chef de projet de l’exposition. Et c’est en relisant Pratt que l’on s’est aperçu que nous avions quantité d’objets dans nos réserves, qui "collaient" à son œuvre. » Certains de ces objets sont même présentés pour la première fois.

Jusqu'au 6 février 2022