Gironde : Trois suspects présentés à la justice après le fauchage de deux piétons

ENQUETE Deux hommes ont été grièvement blessés vendredi après qu’une voiture leur a délibérément foncé dessus sur un parking de Mérignac

20 Minutes avec AFP

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Le tribunal de Bordeaux, en février 2020.
Le tribunal de Bordeaux, en février 2020. —
  • Quatre suspects avaient été arrêtés après qu’une voiture a foncé délibérément vendredi sur deux piétons, les blessant très sérieusement.
  • Finalement un homme a été mis hors de cause et les trois autres personnes vont être présentées à un juge en vue d’une mise en examen pour « tentative d’assassinat ».
  • Il s’agirait d’un règlement de comptes sur fond de violences conjugales.

Quatre suspects avaient été placés en garde à vue  mais l’un d’entre eux a été mis hors de cause. Deux hommes et une femme devaient donc être présentés dimanche à un juge d’instruction de Bordeaux, soupçonnés d’être impliqués dans une « expédition punitive » sur un parking à Mérignac qui a gravement blessé vendredi deux hommes, sur fond d’accusations de violences conjugales.

Le conducteur et le passager de la voiture, âgés de 21 et 22 ans, devaient être présentés à un juge en vue d’une mise en examen pour « tentative d’assassinat » et la mère du premier, âgée de 42 ans, pour « complicité », a précisé le parquet de Bordeaux qui a requis leur incarcération provisoire.

45 jours d’ITT pour les victimes

Vendredi vers 8 h 45, deux hommes de 34 et 57 ans, employés d’une société de nettoyage, ont été violemment fauchés par une Ford Fiesta qui fonçait sur eux telle une voiture-bélier, sur ce parking d’une enseigne Décathlon à Mérignac, en banlieue bordelaise.

Dans une vidéo de surveillance, on peut voir ensuite le conducteur de la Ford Fiesta rouer de coups de poing et de coups de pied la plus jeune des victimes, identifiée comme le compagnon de sa mère. Selon des témoignages rapportés à l’AFP par le parquet, il criait : « tu feras plus jamais cela à ma mère ». Toujours hospitalisées, les deux victimes souffrent de traumatismes crâniens et de fractures ouvertes qui leur ont occasionné 45 jours d’ITT.

L’enquête des policiers de la Sûreté départementale a rapidement progressé dès vendredi avec l’arrestation à Paris et en Seine-Saint-Denis des deux agresseurs présumés et en Gironde, de la mère du jeune de 21 ans.

Ils nient l’intention d’homicide

« Le mobile de cette tentative d’assassinat tiendrait au fait que la mère du jeune homme s’était plainte auprès de lui qu’elle subirait régulièrement des violences de la part de son compagnon ou ex-compagnon », avec qui cette habitante de Bègles, près de Bordeaux, entretient une relation épisodique, a expliqué Frédérique Porterie, procureure de la République de Bordeaux. En garde à vue, le jeune homme a expliqué qu’il avait décidé de lui « donner une leçon » en faisant l’aller-retour en TGV depuis Paris avec un ami, selon la même source. Tous deux ont nié une intention d'homicide.

Selon sa version, sa mère « était parfaitement au courant que lui et son ami allaient perpétrer une expédition punitive », a ajouté Frédérique Porterie, en précisant que l’affaire n’a pas de lien avec le meurtre cette semaine d’une femme brûlée vive par son mari violent à Mérignac.

Poursuivie pour « complicité », celle-ci est soupçonnée de leur avoir communiqué le lieu et les horaires de travail de la victime et de les avoir aidés dans leur périple en louant le véhicule puis en les conduisant à la gare de Bordeaux, une fois les faits commis, a ajouté la procureure.