Conserver Les vertus d'une volée de bois vert

Julie Millet

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L'expérience de la tempête de 1999 va servir à mieux gérer les dégâts de Klaus. Des bois coupés il y a dix ans et stockés pendant tout ce temps présentent les mêmes qualités que le bois vert. « En 1999, toute notre forêt était dévastée. Il fallait qu'on trouve une solution. Graçe à l'aspersion, nous avons pu stocker 42 000 tonnes de bois », raconte Serge Balhadère, propriétaire d'une scierie dans le Médoc.

Aujourd'hui, le problème se pose doublement. En effet, Klaus a mis à terre près du double de bois qu'il y a dix ans : 40 millions de m3 cette année, contre 25 en 1999. Les exploitants forestiers, en liaison avec les sylviculteurs, ont expérimenté des solutions lors de la tempête de 1999. Des études ont permis de comparer l'immersion et la conservation sous vide. Et de déterminer que la technique fonctionnant le mieux reste l'aspersion d'eau, qui consiste à asperger un tas de bois, 24 heures/24 et 365 jours par an, en maintenant un taux d'humidité constant.

Dans l'aire de stockage de Serge Balhadère, il reste encore du bois datant de la dernière tempête. « J'ai remarqué que ce bois a les mêmes qualités que le bois qu'on a coupé il y a peu de temps », explique-t-il. L'exploitant forestier est en train de remettre en état son terrain pour accueillir au moins la même quantité de bois qu'il y a dix ans. Mais pour stocker, il faut prendre des risques. Et pour créer une aire de stockage, il faut un terrain sain, une alimentation électrique et bien sûr, des sources d'eau. Serge a dû faire forer trois puits. A l'époque, cette aire avait coûté 320 000 euros. Le coût de la maintenance est aussi à prendre en compte. Pour l'entreprise Balhadere, cela représente 1 à 3 euros/m3/an. « En comptant l'abattage, le débardage et le transport, beaucoup de gens sont vite découragés à l'idée de créer une aire de stockage, estime Serge. Moi avant d'acheter, j'attends de connaître les prix plancher du bois. » Si c'est trop cher, il ne prendra pas d'arbres. ■