Gironde : Avec des -5 degrés enregistrés, une première vague de gel frappe le vignoble bordelais

COUP DE FROID Les Graves, l’Entre-deux-Mers, le Sud-Gironde (Sauternais et Barsac), les Blaye Côtes de Bordeaux notamment ont été touchés par une première vague de gel

20 Minutes avec AFP

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Vignes affectées par le gel à Saint-Émilion (Gironde)
Vignes affectées par le gel à Saint-Émilion (Gironde) — Nicolas TUCAT / AFP
  • Les températures sont descendues à -4, -5 degrés faisant craindre des pertes importantes dans le vignoble bordelais.
  • Les dégâts encore à évaluer ne devraient pourtant pas être au niveau de 2017, une année noire en matière de gel, en Gironde.
  • Les prochaines nuits, annoncées très fraîches, vont être déterminantes.

C’est un épisode redouté des viticulteurs mais malheureusement assez fréquent au mois d’avril, propice à des chutes de températures. Le thermomètre a atteint par endroits -5 degrés dans la nuit de mardi à mercredi, faisant craindre à plusieurs appellations​ du Bordelais un constat « amer » de l’impact du gel sur le vignoble, même si le terrible bilan de 2017 ne semblait pas redouté à ce stade.

Interprofession comme syndicats viticoles soulignaient qu’il était mercredi trop tôt pour faire le bilan de l’impact sur la récolte, d’autant que des températures négatives étaient encore attendues pour la nuit de mercredi à jeudi, et possiblement la semaine prochaine.

Les Graves, l’Entre-deux-Mers, le Sud-Gironde (Sauternais et Barsac), les Blaye Côtes de Bordeaux notamment ont été touchés, d’après les premiers retours, mais il est difficile de savoir encore dans quelles proportions, a précisé à une porte-parole du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB).

« Quand cela atteint -5 -6, on ne peut pas grand-chose »

« C’est un peu une catastrophe, il n’y a pas de zones épargnées », dans notre appellation, a déclaré Mayeul L’Huillier, directeur du Syndicat des vins de Graves, même si nombre de viticulteurs devaient encore inspecter les parcelles. « Il faut voir comment la nature va réagir, voir aussi l’impact d’autres épisodes de gel [à venir] », a-t-il ajouté.

Dans l’appellation Barsac (liquoreux), « entre 50 et 90 % des propriétés ont sans doute été touchées », a estimé Frédéric Nivelle, directeur technique de Château-Climens, premier grand cru classé où la station météo a enregistré -3,5 degrés en fin de nuit.

Dans la nuit pourtant de nombreux viticulteurs ont déployé des moyens rodés de lutte contre le gel (bougies entre les vignes, paille brûlée, souffleries d’air chaud) et devaient encore s’y employer dans la nuit suivante. « On peut gagner quelques dixièmes de degrés, mais quand cela atteint -5 -6, on ne peut pas grand-chose », a concédé Mayeul L’Huillier.

L’impact devrait toutefois n’être « pas aussi catastrophique qu’en 2017 », lorsque l’épisode de gel avait été beaucoup plus tardif, toute fin avril, frappant des bourgeons sortis et plus mûrs de trois semaines supplémentaires, souligne le CIVB. Une humidité supérieure avait alors constitué un facteur aggravant.

Cette année-là, un vigneron sur cinq dans le Bordelais avait perdu plus de 70 % de sa récolte, selon des chiffres de la chambre d’agriculture. En moyenne, les propriétés de l’appellation Sauternes-Barsac avaient perdu 50 %.