Coronavirus à Bordeaux : Dans le quartier Brazza, l'étonnant projet d'UCPA Sport Station veut révolutionner la pratique du sport

INTERVIEW L’UCPA réalise et exploitera dans le futur quartier Brazza de Bordeaux un complexe multisports grand public de 14.000 m2 d’ici à fin 2022, avec notamment un mur d'escalade et un espace de golf

Propos recueillis par Mickaël Bosredon
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Le projet UCPA Sport Station de Bordeaux Brazza
Le projet UCPA Sport Station de Bordeaux Brazza — UCPA
  • Le chantier du futur complexe sportif du quartier Brazza a démarré et doit être achevé pour fin 2022.
  • Dans cet espace d’un nouveau genre, on trouvera un mur d’escalade de 1.000 m2, neuf terrains de squash ou encore un espace consacré à la pratique du golf.
  • Parallèlement, l’UCPA se dit prêt à rouvrir ses sites traditionnels, notamment ceux situés sur la côte médocaine.

Une nouvelle façon de pratiquer le sport. Connu pour ses camps de loisirs sportifs en plein air, l'UCPA (Union nationale des centres sportifs de plein air) s’est lancé ces dernières années sur un nouveau marché, en ciblant les actifs urbains, avec son concept UCPA Sport Station. Il s’agit de sites multisports, implantés en ville, permettant de passer d’une activité à l’autre. Après Meudon (Hauts-de-Seine) et Reims (Marne), l’UCPA ouvrira fin 2022 un nouveau complexe de 14.000 m2 répartis sur cinq étages, dans le nouveau quartier Brazza sur la rive droite à Bordeaux (face au pont Chaban-Delmas).

L’association porte parallèlement un autre projet à Bordeaux, pour l’exploitation d’un centre aquatique dans le quartier Belcier, et a été choisie pour exploiter le stade nautique de Mérignac fin 2022.

20Minutes a interrogé le directeur général de l’UCPA Guillaume Légaut, qui revient également sur les conséquences de la crise du Covid-19 sur les activités de l’entreprise, qui emploie quelque 12.000 collaborateurs soit 3.000 équivalents temps plein, et réalise d’ordinaire 280 millions d’euros de chiffre d’affaires par an.

Guillaume Legaut, directeur général de l'UCPA

Comment se présente le projet UCPA Sport Station que vous portez dans le quartier Brazza à Bordeaux ?

Les travaux ont démarré en décembre et le chantier avance bien. La livraison est prévue pour fin 2022, début 2023. Il s’agit d’un équipement original puisque ce type d'espace existe peu dans les villes. Il s’adresse aux sportifs confirmés comme aux débutants, et on y trouvera un mur d’escalade [de 1.000m2], neuf terrains de squash, sept terrains de padel et de tennis, un espace de golf avec un putting et un golf pédagogique de 18 trous, quatre saunas, un escape game, un univers fitness… Il y aura aussi des services de garde d’enfants, un espace de restauration, un autre de coworking… Les activités ne sont pas cloisonnées, on peut circuler de l’une à l’autre, rencontrer des gens, et être en lien avec des éducateurs UCPA, puisque notre métier c’est d’abord celui-là. Le tout dans un bâtiment complètement ouvert, en transparence, en bord de Garonne. Une cinquantaine d’emplois sont prévus.

C’est nouveau que l’UCPA s’intéresse aux grands centres urbains ?

Nous sommes en train effectivement de développer des UCPA Sport Station dans différentes villes, avec deux projets lancés à Nantes et à Paris (XIXe), et d’autres en préparation. L’ADN de l’UCPA est d’être éducateur sportif, et nous sommes très connus au travers des stages que l’on organise durant les vacances dans nos centres en montagne et sur le littoral, notamment dans le Médoc (Bombanne, Montalivet, Lacanau, Carcans…) Mais parallèlement, nous avons toujours été présents en milieu urbain, dans la gestion de piscines ou de patinoires… Ce qui est nouveau avec ces projets en revanche, c’est qu’on devient aménageur et que l’on conçoit ces équipements, en montant des groupements pour les financer, les construire et les exploiter ensuite. L’investissement pour Brazza est de 24 millions d’euros, porté en partenariat avec la Caisse des Dépôts.

Quel impact la crise du Covid-19 a-t-elle eu sur votre activité, et sur ce projet de Brazza ?

Nous nous sommes organisés pour que nos projets de développement ne soient pas impactés par la crise, donc le chantier de Brazza n’a pas été touché. En revanche, le secteur du sport et du tourisme est quasiment à l’arrêt depuis un an, évidemment cela a un impact économique très lourd à porter. En 2020, nous avons perdu 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, et réalisé 22 millions d’euros de pertes d’exploitation. On s’attend à une perte à peu près équivalente en 2021, au moins en chiffre d’affaires. Cette perte est assumée pour le moment par des prêts garantis par l’Etat, mais nous sommes en discussion avec les pouvoirs publics pour voir comment nous allons amortir le choc de cette crise économique sur la longue durée. Nous avons déjà conclu avec la Caisse des Dépôts un apport de près de 30 millions d’euros, et nous avons d’autres investisseurs qui souscrivent des titres associatifs, puisque l’UCPA est une association.

Et comment préparez-vous la réouverture de vos sites traditionnels, notamment dans le Médoc ?

Nous sommes prêts. Nous avons recruté nos saisonniers qui sont en activité partielle actuellement. Les protocoles sanitaires sont prêts. Notre espoir est que la vaccination progresse rapidement et que les échéances dessinées puissent être mises en œuvre. Car nos clients commencent déjà à réserver des colonies de vacances pour cet été, et les jeunes adultes, les étudiants, sont prêts à partir aussi. Nous mettons en place des dispositifs de séjour à prix coûtant, pour les aider. On souhaite que d’ici au début de l’été les gens puissent à nouveau pratiquer une activité sportive chez nous. C’est une échéance qui ne paraît pas inaccessible.