Bordeaux : « Une hystérie collective » suscitée par le coup de pouce vélo, les réparateurs débordés

MARTEAU DU VELO Les réparateurs de vélo ont été pris d'assaut pendant la mise en place de la prime vélo qui donne droit à 50 euros de réparations. L'opération s'est terminée ce mercredi 

Elsa Provenzano

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Les bordelais se sont précipités pour profiter du coup de pouce vélo. (Illustration)
Les bordelais se sont précipités pour profiter du coup de pouce vélo. (Illustration) — G.VARELA / 20MINUTES
  • L’opération « coup de pouce vélo » lancée par le gouvernement s'est terminée mercredi.
  • A Bordeaux, les gérants ont été submergés de demandes.
  • S’ils trouvent le dispositif intéressant, ils estiment qu’il faudrait l’encadrer un peu plus pour limiter les abus, sur le nombre de vélos par personne par exemple.

« Au début, ça a été une hystérie collective, se rappelle Xavier Fellonneau, gérant de la boutique de réparation de vélos Rétropédalage, à Bordeaux. Je pense que certains ne savaient pas que ça allait durer aussi longtemps ». Le coup de pouce vélo a été mis en place le 11 mai et s’est terminé ce mercredi, il permettait de bénéficier d’une aide de 50 euros pour la réparation de son deux-roues.

Lancée par le ministère de la Transition écologique et solidaire, l’opération avait pour vocation d’encourager la pratique du vélo à l’heure du déconfinement. Son succès a embouteillé les magasins de réparations de biclous et certains des gérants sont contents que la prime arrive à son terme.

« Des vélos couverts de feuilles et de liseron »

Les détenteurs de bicyclettes se sont rués chez les réparateurs les dernières semaines et jusqu’aux ultimes heures ce mercredi. Pour la petite boutique Rétropédalage dans laquelle travaillent Xavier Fellonneau et son fils, cela a été « des centaines de réparations par semaine, contre des dizaines auparavant ». Et avec l’épidémie, certaines pièces accusent des retards de livraison, ce qui a compliqué encore un peu les choses…

« On a vu arriver de belles familles en rangs d’oignons avec plein de vélos couverts de feuilles et de liseron, qui n’avaient pas roulé depuis un moment, se souvient Xavier Fellonneau. Et il fallait remettre à neuf le vélo sans dépasser les 50 euros… On a eu aussi des étudiants très polis qui ont remis en état leurs vélos. »

Spécialisé dans la vente de vélos d’occasion, Geoffrey Dautry, qui tient la boutique Cycles Dautry, confirme qu’il a vu passé beaucoup de vélos en très mauvais état. « Mais une moitié des clients environ, plus habituée à la pratique, a saisi l’opportunité de s’équiper en pneus anticrevaisons. » C’est la réparation qui lui a été le plus demandée.

Dix vélos par personne, c’est trop…

« Les premières semaines on prenait tout le monde mais après on s'est rendu compte en leur demandant leur lieu de résidence que les clients venaient d’assez loin et qu’ils écumaient les magasins de vélo », raconte le gérant de Rétropédalage. Sa petite entreprise se retrouve débordée de coups de fil, messages et mails dont il n'a pas pu traiter la moitié... 

La limitation à dix vélos par personne ne parait pas suffisante pour gérer l'affluence. « Nous, on est fans de vélos vraiment, et déjà cinq par personne c’est pas mal », commente Xavier Felloneau. Geoffrey Dautry partage son avis : « Dix vélos par client c’est beaucoup et il y a des abus, il vaudrait mieux augmenter le montant de l’enveloppe par personne ».

« C’est une opération super intéressante qui a permis de remettre en état des vélos sur lesquels il y avait des bricolages dangereux mais, il faut mieux l’encadrer, mieux communiquer dessus et limiter le nombre de vélos, sinon c’est la foire », estime Xavier Fellonneau.

La réparation à domicile débordée aussi

Cyclofix, spécialisée sur la réparation de vélos à domicile a aussi été très sollicitée, surtout sur les derniers mois de février et mars. La demande a été multipliée par trois depuis le lancement du Coup de Pouce, représentant 55 % des interventions de la société Cyclofix à Bordeaux. Celle-ci cherche à recruter 15 réparateurs pour faire face à la demande qui va être encore forte d’ici septembre.