Bordeaux : La préfecture « condamne avec la plus grande fermeté » l’occupation du Grand Théâtre

PATRIMOINE La préfecture renvoie la responsabilité d’une éventuelle évacuation des lieux à la mairie de Bordeaux, qui assure gérer cette situation de crise avec la plus grande vigilance

M.B.
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Plusieurs matelas ont été posés à même le sol dans un de salons du Grand-Théâtre
Plusieurs matelas ont été posés à même le sol dans un de salons du Grand-Théâtre — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Des mouvements autonomes ont investi l’Opéra de Bordeaux qu’ils occupent depuis jeudi soir.
  • Plusieurs élus d’opposition réclament l’évacuation des lieux, créant des débordements.
  • La préfecture condamne cette occupation, mais assure que c’est à la mairie de faire les démarches pour organiser les conditions d’une évacuation.

Alors que la question d’une éventuelle évacuation du Grand Théâtre de Bordeaux, occupé par des manifestants depuis plusieurs jours, est posée depuis la fin de la fin de semaine dernière, la préfecture de la Gironde a tenu à clarifier les choses ce mardi. Dans un communiqué, la préfète Fabienne Buccio « condamne avec la plus grande fermeté cette occupation qui porte en elle des risques de débordements. L’opéra de Bordeaux est un lieu emblématique qui figure au rang des plus beaux théâtres d’Europe. C’est une richesse de notre patrimoine français qui doit être respectée par tous. »

Quelques affiches ont été posées dans le Grand-Théâtre
Quelques affiches ont été posées dans le Grand-Théâtre - Mickaël Bosredon/20 Minutes

Le communiqué confirme que « la préfecture a été interpellée par des élus pour libérer les lieux. » Mais il précise que « toute évacuation ne peut se faire que dans le cadre du respect de la loi. »

La mairie devrait saisir le juge administratif

Dans le cas présent, « le gestionnaire de l’établissement – à savoir la mairie de Bordeaux – ayant ouvert les portes du théâtre pour accueillir les manifestants, il lui appartient, s’il considère que la situation le nécessite, de saisir le juge administratif afin d’obtenir un titre exécutoire pour procéder à l’expulsion des occupants. Ce n’est que sur la base de cette décision de justice, et si le gestionnaire des lieux le demande, que la préfète pourra procéder à l’évacuation de l’opéra avec le concours de la force publique. »

Occupé dans un premier temps par des intermittents et des précaires dans le cadre d'un mouvement national et encadré, réclamant la réouverture des lieux culturels, l’opéra de Bordeaux a été investi jeudi soir par des mouvements autonomes qui se sont installés dans les salons de l’édifice datant du XVIIIè siècle.

La mairie de Bordeaux se dit « étonnée de la communication préfectorale »

Dans un communiqué envoyé mardi soir, la mairie de Bordeaux se dit « étonnée de la communication préfectorale », et indique que « les contacts mairie-préfecture sont quotidiens depuis le début de cette situation de crise, qu’elle « continue de gérer avec la plus grande vigilance. »

La municipalité conteste par ailleurs « les informations selon lesquelles elle aurait ouvert les portes du Grand-Théâtre pour accueillir des manifestants. » Elle rappelle que « jeudi 18 mars, de nouveaux occupants, étrangers aux revendications initiales du monde culturel, sont arrivés à l’Opéra remettant en cause progressivement les conditions sanitaires et de sécurité initiales qui avaient été convenues entre les syndicats et la direction de l’Opéra. Des désaccords sur les revendications et les modes d’action ont ensuite conduit les occupants initiaux à poursuivre leur mouvement en dehors du Grand-Théâtre. » Mouvement qui pourrait s'implanter au sein de la Rock School Barbey.