Coronavirus en Nouvelle Aquitaine : Après un an de crise, la région reste dans un « décalage » plutôt positif par rapport aux autres

EPIDEMIE La région est la seule en capacité d’accueillir des patients Covid transférés depuis l’Île de France

Elsa Provenzano
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Le port du masque était obligatoire rue Sainte-Catherine, à Bordeaux, depuis le 11 mai 2020.
Le port du masque était obligatoire rue Sainte-Catherine, à Bordeaux, depuis le 11 mai 2020. — UGO AMEZ/SIPA
  • Un an après le début du premier confinement, l’ARS Nouvelle Aquitaine a fait un point sur sa gestion d’une crise sanitaire sans précédent.
  • La situation sanitaire reste moins dégradée que dans d’autres régions, peut-être grâce aux mesures nationales qui tombent à chaque fois à de bons moments, et à des éléments climatiques.
  • La région est logiquement en première ligne pour accueillir des patients franciliens dans les prochains jours.

Un an jour pour jour après le premier confinement, l’ARS Nouvelle Aquitaine a fait un point ce mercredi sur cette crise du Covid-19, hors du commun autant par sa gravité que par sa durée dans le temps. La Nouvelle Aquitaine tirerait mieux son épingle du jeu que d’autres régions, en continuant à maîtriser la propagation de l’épidémie. Le dernier bulletin du 12 mars faisait état d’un taux d’incidence en baisse pour s’établir à 106,7 cas pour 100.000 habitants. Une situation épidémiologique telle qu’elle est ciblée pour accueillir les prochains patients transférés depuis l’île de France, au bord du confinement.

Moins de décès dans les EPHAD

« Depuis le début, on a été très vite réactifs, estime Benoît Ellboode, directeur général de l’ARS Nouvelle Aquitaine. On a mis en place des mesures extrêmement importantes dans les EPHAD, et aujourd’hui, malgré le fait qu’on est une des régions les plus âgées en termes de population, quand on regarde la mortalité au prorata de ces personnes âgées, on est en dessous des autres régions. » Entre mars et juin 2020, la région a été celle qui a enregistré le moins de décès en lien avec le Covid-19 rapportés à sa population totale en structures médico-sociales pour personnes âgées, soit 215 décès pour 6.000.000 habitants. « On a organisé un dépistage de la totalité des résidents quand on détectait un cas positif et on a mis en place des sas d’entrée et de sortie », précise Hélène Junca, directrice générale adjointe de l’Agence régionale de santé.

Un climat favorable ?

En adoptant une politique d’anticipation, la région a réussi à maintenir « un décalage par rapport aux autres régions plutôt toujours positif pour nous », estime le directeur général de l’ARS Aquitaine. L’une des explications à une situation épidémiologique un peu meilleure qu’ailleurs serait le timing. « On bénéficie de mesures nationales à des moments où nos indicateurs sont plus bas, ce qui nous permet de garder notre avance », analyse Benoît Ellboode. D’autres facteurs rentrent aussi en jeu et d’autres resteront aussi à découvrir dans une épidémie qui se poursuit. « C’est certainement liées aux conditions géographiques, climatiques, de densité de population et à la pollution dont on sait qu’elles ont un impact », ajoute le directeur général.

Une région ciblée pour les transferts

Logiquement, la région, qui a déjà accueilli 188 patients venus de différentes régions, reste une terre d’accueil privilégiée pour les patients d’Île de France, où la situation sanitaire se dégrade. Alors qu’une soixantaine de transferts étaient envisagés lundi par TGV médicalisé, ils seront finalement d’une ampleur moindre et effectués par avion.

« Nous avons eu l’information lundi soir du fait du manque d’adhésion des familles à ces transferts car le contexte a changé, explique Bénédicte le Bihan, conseillère médicale à la direction de l’offre soins et chargée de ces transferts à l’ARS. L’année dernière les familles qui étaient en visio conférence parce que tout le monde était confiné ne voyaient pas d’obstacle à ces transferts. Que la viso se fasse avec Paris, Bordeaux ou Mont-de-Marsan, cela ne changeait rien pour eux. Aujourd’hui, ils ont un droit de visite donc c’est différent. » Six transferts devraient avoir lieu par avion, jeudi et vendredi vers Poitiers et Niort.

« On a pu passer de 413 à pratiquement 700 lits de réanimation pendant cette crise et on a encore un autre palier à 900/1.000 lits qu’on a pas eu besoin de solliciter jusqu’à maintenant, explique Bénédicte le Bihan. Avec 502 lits aujourd’hui, on est à un niveau intermédiaire donc on a la possibilité d’armer des lits ». Elle précise toutefois que les établissements hospitaliers de leurs régions continuent leurs activités hors Covid et que les décisions d’ouvertures de lits ne doivent pas « faire perdre de la chance aux patients qui ont besoin de grosses opérations ».