A Bordeaux, pour la journée des droits des femmes, l’avenue Thiers rebaptisée Louise Michel et hommage aux victimes

8 MARS Entre 1.200 et 2.500 personnes selon la préfecture ou les organisateurs, ont participé à un défilé dans les rues de Bordeaux ce lundi pour journée internationale des droits des femmes

Elsa Provenzano

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Bordeaux: Une manif «galvanisante» pour les droits des femmes — 20 Minutes

Tambours, sonos et slogans scandés avec énergie. La manifestation pour la journée internationale des droits des femmes n’a pas manqué d’ardeur ce lundi à Bordeaux. L’assemblée des féministes de Bordeaux a organisé une mobilisation qui a pris forme à partir de 14 heures sur la place Stalingrad.

Elle a commencé par le dévoilement d’une « fausse plaque » rebaptisant l’avenue Thiers du nom de la féministe Louise Michel. Une demande officielle a été déposée auprès de la mairie pour la rebaptiser, alors que seuls 5 % des noms de rues de la ville portent des noms de femme. « C’est une commission composée d’élus et citoyens qui décide, précise Pascale Bousquet-Pitt, membre du collectif de l’assemblée féministe (et conseillère municipale déléguée pour l’égalité entre les femmes et les hommes). C’est forcément plus facile pour les nouvelles rues. »

Hommage à une femme défenestrée

La foule, entre 1.200 personnes selon la préfecture et 2.500 selon les organisateurs, a traversé le pont de pierre et s’est rendue rue de la Rousselle pour rendre hommage à une femme décédée après avoir été défenestrée. Des fleurs ont été déposées en sa mémoire. « Il s’avère que c’est probablement un féminicide, commente Pascale Bousquet-Pitt. C’est pour dire que les violences faites aux femmes c’est tous les jours et que ça peut aller jusqu’au meurtre. »

Parmi les manifestants Mylène, 29 ans, porte une pancarte « Rage against the machism ». « J’ai un métier très masculin, je suis menuisière ébéniste, et entre les expériences professionnelles que j’ai eues et mes études, j’ai été victime à plusieurs reprises de harcèlement et d’autres trucs pas cool qui font que j’ai envie de me bouger pour que cela n’arrive pas à d’autres », témoigne la jeune femme.

Demande de lever d’immunité d’un parlementaire

L’ambiance est très festive et Mylène apprécie les profils variés des participants. « C’est galvanisant, on est beaucoup, sourit-elle. Il y a beaucoup de tranches d’âges différentes, il y a quelques hommes et plein de gens de la communauté LGBT+, je trouve ça top, car ils sont sous-représentés et souvent victimes de violences. »

« Samedi, on était mobilisées dans le Médoc mais pas en soutien à l’ex-madame Simian, qui ne nous a rien demandées, précise Sylvie Bridier, du collectif féministe, mais pour demander la fin de l’immunité parlementaire du député Benoit Simian. » « Quand la grande cause du quinquennat c’est le droit des femmes on ne peut pas ne pas lever l’immunité d’un parlementaire accusé de violences envers sa femme », appuie Pascale Bousquet-Pitt.