Bordeaux : Non, disent les notaires, les Parisiens n’ont pas envahi le marché immobilier

MISE AU POINT Selon les chiffres recueillis par les notaires de la Gironde, 80 % des acquéreurs en Gironde sur 2020 sont… girondins

Elsa Provenzano

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Le profil des acquéreurs dressé par les notaires de la Gironde réserve quelques surprises. (Illustration)
Le profil des acquéreurs dressé par les notaires de la Gironde réserve quelques surprises. (Illustration) — GILE/SIPA
  • Chiffres à l’appui, les notaires montrent que les Franciliens sont loin de dominer les transactions sur le marché girondin.
  • Les moins de 30 ans représentent 15 % des acquéreurs sur le marché bordelais, qui affiche pourtant des prix élevés.
  • Sur Arcachon, le prix des appartements anciens a dépassé celui des logements neufs.

Le bilan annuel sur les prix de l'immobilier dressé par les notaires de la Gironde fin février, et fondé sur les transactions qu’ils ont enregistrées au cours de l’année 2020, réserve quelques surprises.

  • Pas d’invasion de Parisiens en 2020

Avec l’ouverture de la ligne à grande vitesse entre Paris et Bordeaux, le 2 juillet 2017, qui a contribué à une hausse des prix de l’immobilier sur la capitale girondine, les Parisiens ont été un peu pointés du doigt. En 2020, en tout cas, les notaires montrent qu’ils sont loin de dominer le marché. Quelque 80 % des acquéreurs sont en fait originaires de la Gironde. Mais, une part importante d’entre eux reviendraient s’installer dans le département, après une première expérience professionnelle dans la capitale. Les Franciliens représentent 10,7 % des acquéreurs à Bordeaux. Ce qui est moins que sur le Bassin d’Arcachon (12,1 %) mais plus que la moyenne sur la Gironde (6,7 %).

Les moins de 30 ans représentés parmi les acquéreurs à Bordeaux

Autre point à noter au regard du profil des acquéreurs dressé par les notaires, les moins de 30 ans représentent presque 15 % (14,4 %) des acquéreurs même si les prix sont stabilisés à un niveau élevé, avec 4.420 euros le m2 en prix médian pour les appartements anciens. « La part des jeunes reste importante malgré les prix élevés, observe Sébastien Certre, notaire à Bordeaux. La possibilité d’acheter existe, même si ce sont de petites surfaces au départ. On constate aussi une aide entre générations pour ces premiers achats immobiliers ». Ce sont néanmoins le nord Gironde et l’Entre-deux-Mers, affichant des prix au m2 bien moins élevés, qui sont les plus plébiscités par les jeunes dans le département.

Sur Arcachon, le prix des appartements anciens a dépassé celui des neufs

​En 2020, les prix continuent d’augmenter dans cette zone côtière dont l’attrait ne se dément pas. « C’est presque un changement de catégorie de personnes qui viennent, c’est vraiment très soutenu, commente maître Guillaume Loriod, notaire à Gujan-Mestras. Le coût des appartements anciens (4.800 euros le m2) dépasse le coût des appartements neufs (4.480 euros le m2), et oui c’est possible… »

Les appartements neufs concentrent beaucoup d’opérations de défiscalisation or ce n’est pas la rentabilité que les acquéreurs viennent chercher sur le Bassin d’Arcachon, « c’est le coup de cœur, le pied à terre », estime le notaire. Les appartements anciens ont l’avantage d’être situés sur les meilleurs emplacements, plus proches de la plage et des commerces alors que les appartements neufs sont un peu plus excentrés, pour pouvoir dégager une marge de rentabilité.