Bordeaux : Après le meurtre d’un adolescent aux Aubiers, la mairie s’installe au cœur du quartier

SERVICE PUBLIC Ce mardi, une permanence de la mairie de Bordeaux a été inaugurée dans le quartier des Aubiers dans lequel un adolescent de 16 ans a été tué le 2 janvier dernier

Elsa Provenzano
— 
Dans le quartier des Auibiers, marqué par la mort d'un jeune au début de l'année, la puissance publique veut montrer qu'elle est de retour.
Dans le quartier des Auibiers, marqué par la mort d'un jeune au début de l'année, la puissance publique veut montrer qu'elle est de retour. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • La majorité municipale estime qu’il faut engager un retour de la puissance publique dans le quartier des Aubiers, endeuillé par le meurtre d’un adolescent il y a un mois.
  • Elle ouvre une permanence et a demandé la réouverture du commissariat de police au ministère de l’Intérieur.
  • Les habitants espèrent un apaisement des tensions et se réjouissent de services de proximité à leur disposition.

« C’est vraiment important, après tout ce qui s’est passé, je pense qu’on a encore le droit d’avoir une ouverture de service public ici », estime une jeune femme de 27 ans qui vit aux Aubiers depuis six ans. Ce mardi, le maire de Bordeaux Pierre Hurmic et le maire adjoint du quartier Vincent Maurin ont inauguré un local, qui servira de permanence aux services de la mairie, trois fois par semaine. « Vous pourrez échanger avec vos élus municipaux, il y aura aussi une association d’aide à la parentalité, des médiateurs sociaux, des membres du conseil citoyen et on pourra y faire des démarches d’état civil », égrène le maire de Bordeaux.

Le maire de Bordeaux Pierre Hurmic ( à gauche) et Vincent Maurin, le maire adjoint du quartier.
Le maire de Bordeaux Pierre Hurmic ( à gauche) et Vincent Maurin, le maire adjoint du quartier. - E.Provenzano / 20 Minutes

Un quartier traumatisé

Une inauguration qui intervient un peu plus d’un mois après le drame qui a coûté la vie à un jeune de 16 ans, tué à l’arme automatique. Il a fait les frais d’une rivalité entre quartiers. « On est tous vraiment traumatisés car le garçon qui est mort tout le monde le connaissait, c’était vraiment un choc, commente la jeune femme. C’est bien dommage que ces rivalités se finissent par des violences, j’espère vraiment que les tensions vont s’apaiser. » Si elle parle « d’antécédents », elle qualifie son quartier de « tranquille à la base ».

Michel, 71 ans, vit aux Aubiers depuis trente-cinq ans et partage cet avis : « Je connais les jeunes ici, je n’ai jamais eu de souci. J’ai la chance d’habiter au-dessus de la bibliothèque, j’ai une vue sur le pont d’Aquitaine, je ne suis pas dans un grand bloc ». Sa roue de vélo à la main, il vante la proximité de pistes cyclables proches du Lac mais ne décolère pas de voir les espaces verts envahis par des stationnements sauvages.

Une réouverture du commissariat ?

« ll faut que la puissance publique revienne dans le quartier, ce sera un lieu d’écoute, de dialogue, de construction de projets, promet Vincent Maurin. On a vécu un moment très dur mais on a la chance d’avoir un quartier avec beaucoup d’énergie et riche en actions associatives. » Le maire de Bordeaux a expliqué qu’il avait saisi le ministère de l’Intérieur pour demander la réouverture au public du commissariat de police. « Bien sûr qu’il doit rouvrir, quand on a besoin de se plaindre de quelque chose qu’on ne soit pas obligés d’aller à Castéja ou de courir je ne sais où », commente Michel. De son côté, une jeune femme de 27 ans qui promène son fils en poussette paraît davantage résignée, pour elle ces fermetures (de services publics) obligent à des déplacements mais « c’est comme ça ». Elle parle d’un quartier « avec des hauts et des bas ».

« Nous avons la conviction que la ville doit être plus présente aux Aubiers mais l’Etat doit aussi l’être et pas seulement par le prisme de caméras de surveillance », lâche Pierre Hurmic. Une opération de renouvellement urbain est aussi prévue sur le quartier dont les bâtiments sont vieillissants mais dans la maison du projet (dont le local sera partagé avec la permanence) les photos datent de 2012… Vincent Maurin a fait part de sa volonté d’accélérer le projet. « On a le devoir de réussir car il y a un sentiment légitime de relégation », a-t-il conclu.