Bordeaux : Le ton monte sur la Rue Bordelaise en conseil municipal, le groupe Bordeaux Ensemble a quitté la séance

CONSEIL MUNICIPAL Ce mardi, le projet de Rue Bordelaise a donné lieu à des échanges tendus entre la majorité et l’opposition. Le groupe de l’ancienne majorité Bordeaux Ensemble a quitté la salle en signe de protestation

Elsa Provenzano

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Après que son micro a été coupé alors qu'il s'exprimait sur la Rue bordelaise, Nicolas Florian et son groupe Bordeaux Ensemble ont quitté la séance du conseil municipal ce mardi.
Après que son micro a été coupé alors qu'il s'exprimait sur la Rue bordelaise, Nicolas Florian et son groupe Bordeaux Ensemble ont quitté la séance du conseil municipal ce mardi. — UGO AMEZ/SIPA
  • Le projet de grande artère commerçante appelée Rue Bordelaise s'est invité ce mardi au conseil municipal et a donné lieu à des échanges très animés.
  • L'ancien maire a quitté la séance avec son groupe Bordeaux Ensemble après que son micro a été coupé alors qu'il donnait son avis sur le projet. 
  • Un débat officiel est programmé prochainement sur ce dossier dans l'enceinte du conseil municipal. 

Le groupe de l’ancienne majorité bordelaise a claqué la porte du conseil municipal ce mardi après que son président l’ancien maire Nicolas Florian, a eu son micro coupé alors qu’il s’exprimait sur le projet de Rue Bordelaise. Ce projet porté par le promoteur privé Apsys sur le périmètre d’Euratlantique est une artère à dominante commerçante entre la gare et les quais, prévue pour une livraison en 2027-2028 et un investissement de 500 millions d’euros.

Ce dossier a fait sortir de ses gonds le maire de Bordeaux Pierre Hurmic (EELV) qui explique qu’il n’a pas eu les moyens de modifier sur le fond le projet de Rue Bordelaise, comme il s’y était engagé pendant sa campagne, entérinée par la précédente majorité selon ses explications. Des « balivernes » pour l’ancien maire Nicolas Florian (LR) qui estime qu’il a encore toute la latitude pour agir sur ce dossier.

Un projet jugé « irréversible » par la majorité

Ce n’était pas un dossier à l’ordre du jour mais il a donné lieu à des échanges houleux dès l’ouverture du conseil. Le maire de Bordeaux s’exprime « avec passion », selon ses termes mais emploie un « ton agressif » pour son opposition. « Quand je suis mis en cause, je suis bien obligé de m’en justifier, explique le maire devant le conseil. Par voie de presse, vous avez suggéré Nicolas Florian que j’aurais caché des informations ou menti ». Piqué au vif par ses allégations, il a rappelé son investissement depuis son élection pour « donner une coloration plus acceptable » à ce projet urbanistique d’envergure.

« La rue Bordelaise dépend d’un établissement public dont je n’étais pas membre, qui a pris le 16 décembre 2019 la décision de la 3e phase de construction, et c’est le 9 mars 2020 que mes prédécesseurs ont pris la décision de rendre définitive l’engagement d’euratlantique de réaliser la Rue bordelaise, avec la société Apsys », explique sèchement l’élu. Il souligne que ces réunions et leurs comptes rendus n’étaient pas publics et qu’il ne pouvait pas en connaître la teneur au moment de ces engagements de campagne. Pour lui le procès-verbal du 16 décembre « rend le projet totalement irréversible. »

« Vous avez raconté des balivernes »

Mais l’ancien maire Nicolas Florian dément cette version des faits : « Les trois permis de construire du projet n’ont pas été signés à ma connaissance. Depuis le mois de juillet vous êtes en capacité d’arrêter leur instruction. Vous pouvez à tout moment stopper le projet, vous avez raconté des balivernes. » Après plusieurs rappels du maire jugeant qu’il avait épuisé son temps de parole, son micro a été coupé. Ce qui a donné lieu à une sortie immédiate de la salle de l’ensemble des conseillers du groupe Bordeaux Ensemble.

C’est dire si le débat officiel sur ce projet, prévu en conseil municipal prochainement, promet d’être animé. D’ailleurs Thomas Cazenave (LREM), a lancé : « Vous avez déjà tout décidé : le comité d’enseignes, le nombre de surfaces commerciales, vous voulez organiser la concertation sur quoi ? »