Bordeaux : « On veut créer une manifestation sans précédent pour récupérer notre travail », clame un salarié de la restauration

COUP DE GUEULE Un salarié de la restauration a créé avec un cuisinier une page Facebook « Restaurateurs debout, marre de crever en silence » qui a rassemblé plus de 6.000 membres en dix jours

Elsa Provenzano

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Restaurant à Bordeaux
Restaurant à Bordeaux — UGO AMEZ/SIPA
  • Un chef de cuisine a lancé un groupe Facebook pour demander la réouverture des restaurants.
  • Il estime que le chômage partiel n’est plus tenable et que ses factures, elles, ne sont pas partielles.
  • Il veut fédérer les professions les plus touchées par les mesures de restrictions liées à la lutte contre l’épidémie et veut organiser une manifestation sans précédent pour faire entendre leurs voix.

La page Facebook qu’il a créée « Restaurateurs debout, marre de crever en silence » a déjà attiré plus de 6.200 membres en dix jours. Jonathan Favreau, chef de cuisine dans trois établissements sur Bordeaux ne compte pas s’arrêter là et veut faire entendre le cri d’alarme du secteur de la restauration, qu’il estime sacrifié par l’Etat dans sa lutte contre l’épidémie de Covid-19. « Notre but c’est de créer une manifestation sans précédent pour récupérer notre travail », annonce-t-il.

Dépité par les restrictions successives visant sa profession, Jonathan Favreau a échangé sur la situation avec un collègue de travail, cuisinier, il y a une dizaine de jours. « On s’est dit : "c’est bien beau de gueuler devant notre écran de télévision, mais ce serait bien qu’on bouge un peu" ». Ni une ni deux, ils partent alors directement faire du porte à porte auprès des restaurateurs, et laissent même un message au chef Philippe Etchebest, qui ne leur a pas encore répondu. Il contacte aussi le syndicat de l’hôtellerie et de la restauration (UMIH).

Fédérer au-delà de la restauration

« Je trouve que le chômage partiel c’est aberrant, peste Jonathan Favreau. Moi tous les mois, mes factures, mes courses, mes loyers, mes impôts ne sont pas partiels, mais mon salaire oui (86 %), cela n’est pas possible de continuer à vivre comme ça ». Si le mois de novembre a été envisagé comme une occasion de se reposer, dès décembre ce père de famille tord du nez en épluchant ses comptes.

« Dassault à Mérignac a un restaurant d’entreprise qui sert 500 personnes par service, et nous on nous interdit de servir 40 à 50 clients en terrasse chauffée ! Tempête-t-il. C’est aberrant. Pourquoi devrait-on en subir les conséquences et pas les autres ? » Il note en passant que la fermeture des établissements n’a pas permis d’endiguer la propagation du virus, à ce stade, et que tous les chiffres sont au contraire orientés à la hausse.

Son intention est de fédérer les restaurateurs mais aussi les salariés des cinémas, hôtels, discothèques, bars etc. et même les étudiants, au niveau national. « On est tous au point mort, regrette-t-il. Il n’y a pas encore de date de mobilisation annoncée mais je veux réunir tous ces corps de métiers. » Il entend aussi se rapprocher d’autres groupes en France qui auraient développé le même type d’initiatives.