Bordeaux : Après le prolongement du tramway jusqu'à l’aéroport, « il y aura d'autres extensions de lignes » assure la métropole

TRANSPORTS Avec l'arrivée du tramway à l'aéroport de Bordeaux en 2022, le réseau de transports de la métropole comptera une centaine de kilomètres de ligne, et ne devrait pas s'arrêter là, même s'il est probable qu'il marque une pause

Mickaël Bosredon
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La ligne A du tramway à Mérignac
La ligne A du tramway à Mérignac — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • D’importants travaux sur la zone de Mérignac Soleil vont démarrer le 25 janvier et fortement perturber le secteur.
  • La mise en service du prolongement de la ligne A jusqu’à l’aéroport est espérée pour septembre 2022.
  • Cette extension de 5 km en voie unique, ne marque pas l’arrêt des projets de tramway à Bordeaux, assurent les élus de la métropole, mais ils souhaitent plébisciter davantage le bus à haut niveau de service.

« Maintenant, on attaque le dur ». Le président de Bordeaux métropole et maire de Mérignac, Alain Anziani (PS), a présenté mercredi la phase de travaux qui va démarrer lundi prochain, et qui consistera à prolonger la ligne A du tramway jusqu’à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac.

Depuis un an, des travaux de réseau se déroulaient déjà dans le secteur. Mais dès le 25 janvier, « on débutera la mise en place de la plateforme, avant de poser les rails. » Un tout autre chantier. Il y aura plusieurs mois de travaux lourds, avant la phase d’essais, et une mise en service espérée en septembre 2022, même si Alain Anziani préfère évoquer « l’automne 2022. »

« Des impacts importants sur la circulation des bus »

Ce prolongement, qui avait été décidé sous la précédente majorité de Bordeaux métropole dirigée par Alain Juppé, partira de la station Quatre Chemins à Mérignac. Une branche poursuivra jusqu’à Mérignac-Centre, et une autre filera en voie unique vers l’aéroport. Sur 5 km, cette extension desservira cinq nouvelles stations - où les trams se croiseront - dont une positionnée devant le centre commercial Mérignac Soleil. Elle ambitionne de relier la place Pey-Berland à Bordeaux, à l’aéroport, en trente-cinq minutes.

L’adjoint au maire Gérard Chausset, prévient qu’à partir du mois de mars prochain, « tous les secteurs seront en travaux et il y aura des impacts importants sur la circulation des bus. » La Liane 1 conservera son itinéraire actuel, mais les autres lignes seront déviées. « L’autre point critique sera celui des travaux de cet été, puisqu’ils vont consister au "débranchement" de la ligne A, qui durera deux mois. » La ligne de tram sera interrompue à hauteur de Quatre Chemins, voire un peu avant, et il y aura un service de substitution jusqu’au centre de Mérignac.

Equipement cyclable

Ce projet est « un ouvrage de grande dimension pour toute la métropole, a insisté Alain Anziani. Il ne dessert pas que l’aéroport, mais tout un bassin de 30.000 emplois et une zone commerciale. Il s’accompagne d’une ligne de bus à haut niveau de performance (BNSP) entre Le Haillan-Rostand et Pessac-Bersol, qui circule déjà depuis fin 2019 mais qui bénéficiera d’une voie en site propre. » Un cheminement piéton et un équipement cyclable seront aussi créés le long de l’extension. « Nous sommes en site sécurisé cyclable sur la plupart du tracé, sauf à partir de la rocade et sur toute la zone aéroportuaire, où on sera en bande cyclable d’1,80 m de largeur » précise Gérard Chausset.

« Il y a aussi le souci de la végétalisation, poursuit le maire de Mérignac, car le tram doit être une coulée verte. On va planter en tout 2.668 arbres, mais sur l’ensemble du projet urbanistique Marne-Soleil l’idée est de planter 10.000 arbres ces prochaines années. Cela ne nous empêchera malheureusement pas de devoir couper 267 arbres, pour des raisons de sécurité. »

Les estimations tablent sur une fréquentation de 6.500 voyageurs par jour sur les 5 km de prolongement, en provenance majoritairement du trafic automobile. Cela représenterait 3.000 à 5.000 voitures en moins sur l’ensemble de la zone. Le président de la métropole est toutefois convaincu « qu’on ira plus loin que cela ».

« La fin du tout tramway »

« C’est un projet ambitieux de 90 millions d’euros, qui démontre que nous ne sommes pas contre le tramway, ni contre l’aéroport », insiste de son côté Clément Rossignol-Puech, vice-président EELV en charge des mobilités, et maire de Bègles.

Alors que d’autres villes, notamment Saint-Médard-en-Jalles, attendent aussi des prolongements de lignes de tramway, la question de savoir si cette extension sera la dernière de l’agglomération, est sur toutes les lèvres. « Notre schéma des mobilités sera adopté entre juillet septembre, et nous mettrons tout cela sur la table, rappelle Alain Anziani. On ne peut pas dire que ce sera la fin du tramway, mais ce qui est certain c’est que c’est la fin du tout tramway. On ne peut pas continuer au rythme qui était le nôtre, puisque nous avons aujourd’hui le deuxième réseau le plus étendu de France avec une centaine de kilomètres. Et plus le réseau est étendu, plus vous êtes menacé par les pannes. »

Clément Rossignol-Puech estime pour sa part que « le tramway n’est pas forcément le bon moyen de transport pour toutes les zones de l’agglomération, cela peut être aussi le bus à haut niveau de service. » Mais il assure que le prolongement vers l’aéroport, « ne sera pas la dernière extension de tramway sur l’agglomération : il y en aura vraisemblablement d’autres, dans un futur proche, ou moins proche. »