Bordeaux : Entre touche écolo et food-truck, Thibaut Frankel a su adapter son « Brexit bus » à l'épidémie

RESTAURATION Le restaurateur bordelais récompense les comportements responsables dans ce restaurant si original

Clément Carpentier
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Thibaut Frankel devant son bus impérial au Haillan près de Bordeaux.
Thibaut Frankel devant son bus impérial au Haillan près de Bordeaux. — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • Un restaurateur bordelais a transformé un bus à impérial écossais en restaurant puis en food-truck afin de s'adapter à l’épidémie de Covid-19.
  • Il propose aussi à ses clients une carte de fidélité écolo grâce à laquelle il récompense les comportements responsables.
  • Les clients peuvent, en effet, obtenir des points supplémentaires s’ils viennent avec leur Tupperware ou commandent la veille pour éviter le gaspillage alimentaire.

Comme beaucoup de ses confrères, Thibaut Frankel se demande quand il va voir le bout du tunnel. Un tunnel dans lequel il est entré bien avant l’épidémie de Covid-19 et dont il commençait pourtant à voir le bout juste avant l’épidémie du nouveau coronavirus. Il y a quatre ans, cet ingénieur bordelais « plaque tout du jour au lendemain » pour ouvrir son restaurant… dans un bus à impérial : « Je pensais avoir eu une idée originale sur le coup mais en fait on est une petite dizaine en France », reconnaît Thibaut Frankel avec le sourire.

Depuis, le jeune homme de 29 ans a vécu des péripéties avec son bus datant de 1982. Car avant de l’installer au Haillan près de Bordeaux, le restaurateur a parcouru quelques milliers de kilomètres sur les routes écossaises avant de voir les pannes s’accumuler. Le Bordelais abandonne alors son projet de restaurant itinérant et choisit de se sédentariser dans la métropole girondine.

De restaurant à food truck, il n’y a qu’un étage

A l’été 2019, le projet trace sa route. Après plusieurs mois de galère, les clients sont au rendez-vous. Ils viennent manger sur place à l’étage ou commander à emporter. « Le bus est composé d’une cuisine et d’un espace plonge en bas et de tables pour manger à l’étage comme dans n’importe quel restaurant et c’est vrai que les gens venaient souvent la première fois pour le concept, ils trouvaient ça chouette », explique Thibaut Frankel.

Le Brexit bus de Thibaut Frankel est installé au Haillan près de Bordeaux.
Le Brexit bus de Thibaut Frankel est installé au Haillan près de Bordeaux. - Clément Carpentier / 20 Minutes

Si le Bordelais proposait au début de l’aventure « une cuisine anglo-saxonne », il s’est depuis rabattu sur les burgers et quelques sandwichs grillés. Plus simple à faire. Et le Covid-19 est arrivé : « Le premier confinement, j’étais à l’arrêt total comme tout le monde. Ensuite, j’ai décidé de m’adapter, notamment pendant le deuxième confinement et avec la généralisation du télétravail. J’ai envoyé un questionnaire à mes clients pour savoir ce qu’ils voulaient, livraison ou pas ? Mais j’ai des clients fidèles et je me suis adapté à la demande en transformant le resto en véritable food-truck ».

Aujourd’hui, le concept food-truck permet à Thibaut de sortir un peu la tête de l’eau, même s’il avoue ne toujours pas pouvoir se payer un salaire. « J’ai pratiquement retrouvé le volume d’avant la crise grâce à ce système, précise le quasi-trentenaire. Il m’a également permis de découvrir un nouveau public ».

Le restaurateur bordelais propose une carte fidélité écolo
Le restaurateur bordelais propose une carte fidélité écolo - Clément Carpentier / 20 Minutes

Une démarche écologique

L’autre originalité de son Brexit bus à impériale – « un clin d’œil comme le slogan du restaurant (we make the best burger in the European Union) aux Britanniques car je trouve ça dommage ce qui se passe » –, c’est de proposer aux clients une carte fidélité écolo grâce à laquelle le restaurateur récompense les démarches écoresponsables. Thibaut explique : « On peut gagner des points supplémentaires si on vient avec son propre Tupperware, si on réserve la veille car ça me permet de limiter les invendus. Ou encore si on prend des boissons avec des consignes. »

Une petite touche écolo qui, selon lui, le restaurateur a permis de fidéliser une clientèle qui apprécie « cette démarche responsable et écologique ». Et pour aller plus loin, le jeune homme a également installé des panneaux solaires sur le toit de resto. Reste que, comme beaucoup de ses confrères, Thibaut aimerait surtout pouvoir rouvrir l’étage de son bus à impériale et revoir les gourmands l’investir. L’idée serait d’y accueillir des « after work ». Thibaut garde espoir. Et le bout du tunnel pourrait être pour le mois de mars.