Bordeaux : Y a-t-il un manque de places d’hébergement pour les sans-abri ? Préfecture et associations s’opposent

SOCIAL Une quinzaine d’associations a adressé ce vendredi une lettre ouverte à la préfète de la Gironde Fabienne Buccio pour lui demander davantage de moyens au service des sans-abri

Elsa Provenzano

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Un SDF avec son chien. (Illustration)
Un SDF avec son chien. (Illustration) — Clément Follain / 20 Minutes
  • Un collectif d’associations demande davantage de places d’hébergement d’urgence pour les sans-abri dans une lettre ouverte adressée à la préfète.
  • La préfecture assure que le dispositif, qui a déjà été augmenté, suffit à répondre aux besoins.
  • La pétition des associations a recueilli près de 28.000 signatures ce lundi.

« Si l’on enlève les places pour les cas Covid et les places réservées à un public spécifique [femmes battues, sorties d’hôpital psychiatrique, etc.], les places éloignées de plusieurs dizaines de kilomètres de la métropole [Le Teich, Lesparre, Arcachon], il ne reste plus de places sur Bordeaux métropole pour l’accueil des publics à la rue », estime dans un communiqué une quinzaine d’associations qui œuvrent dans les secteurs du social et de la solidarité à Bordeaux.

Dans une lettre ouverte adressée vendredi à la préfète de Gironde, elles demandent l’ouverture de places d’hébergement supplémentaires sur la métropole bordelaise. La pétition qu'elles ont lancée a déjà recueilli près de 28.000 signatures.

Des diagnostics différents

« L’aire d’accueil [pour les SDF] organisée par Les maraudes du cœur et Les gratuits bordelais doit être provisoire, explique Rachid, du collectif La Piraterie, qui aide des femmes isolées avec enfants. J’ai voulu qu’on lance un cri d’alerte collectivement car il ne faudrait pas oublier que le but doit être d’éradiquer la pauvreté. Il faut organiser la mise à l’abri et pas seulement quand les températures baissent. » De son côté, la préfecture de la Gironde maintient que le dispositif d’accueil n’est pas saturé. Dans la nuit de samedi à dimanche, elle rapporte par exemple un taux d’occupation de 93 %. Le nombre de places d’hébergement est de 4.200 places en Gironde, dont 1.800 places d’accueil d’urgence.

Selon la préfecture, le Samu social identifie très peu de personnes à la rue la nuit, sur Bordeaux. Elle précise que certaines d’entre elles refusent l’aide proposée. « Depuis plusieurs années, le 115 de Bordeaux répond cordialement mais toujours négativement aux différentes demandes de mise à l’abri. Des personnes qui ont trouvé pour seule réponse le soutien des associations », écrivent pourtant les associations.

« Il y a une exclusion des gens qui ont des chiens or on ne peut pas les séparer de leur seul camarade de route, observe Rachid. Et pour les SDF qui sont dans la rue de longue date, il faudrait prévoir un dispositif particulier ».

En Gironde, l’Etat a augmenté de 40 % le nombre de places d’hébergement sur les trois dernières années, en pérennisant des places débloquées provisoirement pour le plan hiver. Un effort jugé considérable. La préfecture souligne aussi que son dispositif est adaptable, des places en hôtel peuvent être trouvées ou des salles (gymnases, salles polyvalentes etc.) ouvertes.