Bordeaux : « Bras de fer » entre la métropole et Ford, qui veut imposer Amazon sur son ancien site de Blanquefort

RECONVERSION Ford veut vendre son ancien site de Blanquefort en Gironde au géant de l'e-commerce Amazon, ce dont refuse d'entendre parler la métropole, pour le moment

Mickaël Bosredon

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L'entrée de l'usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux, le 31 juillet 2013
L'entrée de l'usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux, le 31 juillet 2013 — Patrick Bernard AFP
  • Ford a fermé son usine de production de boîtes de vitesses à Blanquefort en 2019.
  • La question de la reconversion du site fait débat.
  • Bordeaux Métropole et la maire de Blanquefort Véronique Ferreira, ont expliqué ce lundi pourquoi ils s’opposent au souhait de Ford de vendre le site à Amazon.

Un « bras de fer » entre Ford et la métropole, avec Amazon au milieu. Le président PS de Bordeaux Métropole Alain Anziani a fait part ce lundi des difficultés entre la collectivité et l’industriel, sur le devenir de l'ancien site Ford Aquitaine Industries (FAI), dont la production a cessé en 2019. « Il y a des négociations avec Ford qui sont difficiles, a lancé Alain Anziani. Ce que l’industriel nous propose ne nous convient pas, puisque Ford voudrait accueillir Amazon, ce n’est pas notre choix. On pense qu’à la place d’une industrie il faut une industrie. »

L’ancien site industriel s’étale sur une superficie totale d’environ 90 hectares. Au départ de Ford en 2019, il a été scindé en différents lots, avec à l’arrivée un mix de terrains privés et publics, Bordeaux Métropole en récupérant une partie. Pour les sites sous son contrôle, la collectivité a lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI), pour lequel elle a reçu différentes candidatures. « Nous aurons des résultats prochainement », a annoncé Alain Anziani, et il s’agira de projets industriels. « On travaille avec la région, et on doit se voir d’ici une à deux semaines », a précisé la maire de Blanquefort Véronique Ferreira.

« Amazon nous propose un très grand bâtiment, avec très peu d’emplois à l’intérieur »

Mais sur le site de production de Ford, qui appartient encore à l’industriel, Véronique Ferreira est toute aussi catégorique qu’Alain Anziani : Amazon, à qui Ford veut vendre, c’est non. « En fermant, Ford nous a fait perdre du savoir-faire industriel, explique-t-elle. Amazon, de son côté, nous propose un très grand bâtiment, avec très peu d’emplois à l’intérieur, peu qualifiés et peu payés, et avec un certain nombre d’allers-retours de camions sur un espace qui n’est pas prêt à les recevoir… Tout cela conforte notre décision prise il y a plusieurs mois, que Amazon à cet endroit-là ce n’est pas une bonne idée. »

Mais quelle est véritablement la marge de manoeuvre de la collectivité sur cette partie du site, qui est privée ? « Dans le cadre de la loi, si besoin nous ferons agir notre droit de préemption, soutient Véronique Ferreira. Ford vend à qui il veut, mais la métropole peut aussi faire valoir son droit de préemption. »

Véronique Ferreira, maire de Blanquefort, devant les salariés de l'usine Ford lors d'un débrayage le 5 mars 2018.
Véronique Ferreira, maire de Blanquefort, devant les salariés de l'usine Ford lors d'un débrayage le 5 mars 2018. - M.Bosredon/20Minutes

Le site FAI, fermé en 2019, est en cours de dépollution et démolition depuis décembre dernier, ce qui va prendre encore plusieurs mois. « On a un bâtiment [principal] qui fait pas loin de 12 hectares, rappelle Véronique Ferreira, ce ne sera pas terminé en 2021. » La dépollution, financée par Ford, est réalisée par la Dreal (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement).