La création d'une équipe mobile inquiète l'association Asais

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« Que peut faire un psychiatre, dix minutes, sur un trottoir ? » Réunis hier, les membres de l'association de lutte contre l'exclusion Asais-Icare, installée dans le quartier Saint-Pierre depuis vingt ans, se sont inquiétés de la création prochaine d'une équipe mobile de psychiatres, d'infirmiers et de travailleurs sociaux. Annoncée pour septembre, cette équipe irait à la rencontre des personnes en grande précarité et souffrant de pathologies psychiatriques. Un public qui échappe souvent aux structures de soin « classiques », mais que l'association Asais accueille régulièrement dans son « bistrot » de quartier. Sa crainte : que la nouvelle équipe mobile englobe le poste de psychiatre et les deux postes d'infirmiers dont elle dispose actuellement.

« L'appel à projet sera lancé ces prochains jours, et c'est aux autorités de tutelle de décider de la répartition des moyens », indiquait hier le directeur de l'hôpital psychiatrique Charles-Perrens, Antoine de Riccardis. « Et si l'Etat finance la totalité des postes que nous demandons, Asais gardera ses intervenants. » Pour lui, l'association n'est pas menacée : « Avec ses activités culturelles et ses groupes de parole, c'est une interface qui a toute sa place », assure-t-il. Ses membres en sont convaincus : « Les petites structures, innovantes, de proximité, sont bien plus humaines et fonctionnent mieux à long terme que les équipes mobiles. » ■M. G.