Une deuxième tempête souffle sur Bordeaux

Orianne Dupont

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Retraités, salariés de Carrefour, de CDiscount, du port de Bordeaux, des banques, du CHU, de la CUB, d'EDF... Tous les mécontents étaient rassemblés hier entre le Regent et le Grand-Théâtre. Entre 34 000, selon la police, et 60 000 personnes, selon les syndicats, manifestaient. Les allées de Tourny, la place de la Comédie et les quais étaient noirs de monde.

L'Education nationale était particulièrement bien représentée, hier, et au centre des préoccupations. D'ailleurs, le taux des grévistes girondins en atteste : 58,6 % des instituteurs, 43,58 % des professeurs de collège et 21,08 % au lycée. Au total, l'académie de Bordeaux a recensé 45,9 % de grévistes. Nombreux sont ceux qui sont venus avec leurs enfants, par choix ou par obligation : « On est là pour les réformes Darcos, explique Christophe, artisan et père de deux enfants. La suppression des maternelles, l'évaluation des élèves, la perte des Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté [Rased]... La France perd ses principes d'éducation. » Fait assez rare, les facs de Bordeaux se sont réunies sous une banderole unitaire. « On lutte contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs, témoigne Carine. On envisage de faire grève à partir de lundi, car le mouvement doit continuer. »

Josiane et Christine, salariées de BNP-Paribas, n'ont pas hésité à se joindre au mouvement pour demander une hausse du pouvoir d'achat : « On se sent en danger, les embauches sont gelées. » Elles regrettent que les plus jeunes soient restés à leur poste de travail : « Ils ne se rendent pas compte que tous leurs acquis ont été obtenus grâce à des luttes. » Philippe Madrelle, président PS du conseil général, salue la présence des salariés du privé parmi les manifestants : « Cela prouve la vive colère de très nombreux Français. Le peuple a censuré Nicolas Sarkozy, qui ne pourra pas faire comme si rien ne s'était passé », a-t-il déclaré hier. ■