Gironde : Une étude montre que l'essor du télétravail permettrait d'éviter 36.000 déplacements quotidiens

ETUDE L’agence d’urbanisme Bordeaux Aquitaine a analysé lors du premier confinement (mars-avril-mai), les pratiques du télétravail sur le territoire girondin

E.P.

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Le télétravail (illustration).
Le télétravail (illustration). — RAPHAEL BLOCH/SIPA
  • L'agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine a réalisé une étude sur la pratique du télétravail pendant le premier confinement. 
  • Il en ressort qu'il y a eu moins de télétravailleurs en Gironde qu'au niveau national mais que plus d'un télétravailleur sur deux souhaite davantage travailler à distance à l'avenir.
  • Le développement estimé du télétravail permettrait d'éviter jusqu'à 36.000 déplacements journaliers.

Après l’expérimentation à vaste échelle du télétravail, quel est son potentiel et son effet sur les mobilités en Gironde ? L’agence d' urbanisme Bordeaux Aquitaine s’est intéressée à cette question en menant une enquête pendant le premier confinement, qui s’inscrit dans le cadre de l’étude nationale Télétravail, (Im) mobilité et modes de vie réalisée par l’Ademe au cours de la même période.

L’enquête a été menée lors du premier confinement en mars, avril et mai, période pendant laquelle 28 % des actifs girondins ont télétravaillé selon l’enquête. Parmi eux, 15 % étaient des primo-télétravailleurs et 13 % étaient des télétravailleurs habituels. Une proportion de télétravailleurs au global qui reste bien en-deça de celle observée au niveau national (41 % des actifs français ont télétravaillé pendant le confinement), mais aussi dans les aires urbaines de plus de 100.000 habitants hors Paris.

Quel profil pour les télétravailleurs ?

Le télétravail est beaucoup plus courant chez les cadres et professions intellectuelles supérieures qui constituent 42 % des télétravailleurs girondins. Cette pratique concerne aussi bien les hommes que les femmes, et très largement les couples avec enfants. Les temps de travail des télétravailleurs habituels sont plus longs : 5,7 jours par semaine contre 5,2 jours pour les autres actifs. Le télétravail reste pour une large majorité une pratique ponctuelle : seuls 6 % des actifs y ont recours de façon régulière (au moins un jour par semaine), ce qui représente une moyenne hebdomadaire de seulement 0,8 jour.

Le télétravail est réalisé dans plus de 90 % des cas au domicile. Les motivations principales pour y recourir sont un environnement calme (74 %) et uen souplesse dans les horaires (47 %). La question des transports n’intervient qu’à la marge : seuls 17 % déclarent télétravailler pour économiser du temps de transport et 11 % pour réduire ses déplacements à des fins écologiques. « Les seuls éléments négatifs qui ressortent sont l’ergonomie du lieu et les outils de travail », pointe l’agence dans son communiqué.

Souhaitent-ils continuer ?

Plus d’un télétravailleur sur deux (54 %) affirme souhaiter télétravailler davantage à l’avenir. Les télétravailleurs résidant à Bordeaux sont bien moins nombreux à̀ vouloir télétravailler plus souvent (29 %), alors que ceux résidant dans l’ensemble de trois secteurs enquêtés (Communauté d’agglomération du Libournais, Communauté d’agglomération du Bassin d’Arcachon Nord, Communauté d’agglomération Bassin d’Arcachon Sud) le souhaitent à une large majorité (76 %). A l’issue de la crise sanitaire, l’ensemble des télétravailleurs pourraient donc représenter 22 % des actifs de Gironde (13 % de télétravailleurs actuels et 9 % de nouveaux télétravailleurs).

A l’échelle de l’ensemble des actifs, l’étude pronostique que le télétravail conduirait à une diminution de 1,1 % des déplacements et 1,5 % des distances réalisées un jour moyen de travail. Le développement estimé du télétravail permettrait d’éviter chaque jour 36.000 déplacements, dont 33.000 en automobile, et 363.000 kilomètres parcourus, dont 347.000 en automobile.

Des chiffres qui devraient donner du grain à moudre aux décideurs politiques et aux employeurs pour se positionner sur le télétravail, une fois la crise sanitaire terminée.