Gironde : Comment le covoiturage va-t-il tenter de tracer sa route en 2021 ?

MOBILITE Plusieurs projets vont être lancés par le département de la Gironde et la métropole de Bordeaux, pour réserver une voie de circulation aux covoitureurs sur des axes routiers d’envergure

Mickaël Bosredon

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Sur l'avenue Marcel Dassault à Mérignac, une voie est réservée au covoiturage et aux transports en commun
Sur l'avenue Marcel Dassault à Mérignac, une voie est réservée au covoiturage et aux transports en commun — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Après une première expérimentation sur l’avenue Marcel-Dassault à Mérignac, les voies réservées au covoiturage devraient se multiplier ces prochaines années en Gironde.
  • La métropole veut faire avancer le projet d’une voie consacrée au covoiturage et aux transports en commun sur la rocade.
  • Le département mène de son côté trois projets d’aménagement sur des routes donnant accès à la métropole.

Accélérer sur les aménagements en faveur du covoiturage. Ces dernières semaines, les élus du département et de la métropole ont annoncé une série de projets qui doivent favoriser la pratique du covoiturage en Gironde.

L’objectif est de diminuer ainsi le nombre de véhicules sur la route, notamment sur le territoire de la métropole. « Le taux moyen d’occupation d’un véhicule est d’1,55 personnes sur l’ensemble de la métropole, et d’1,2 sur la rocade, explique  Clément Rossignol-Puech, le vice-président de la métropole délégué aux stratégies des mobilités et mobilités alternatives, ce qui veut dire que sur cinq véhicules on compte en moyenne six personnes. Si on ne prend en compte que les trajets domicile-travail, ce taux tombe à 1,03. On voit donc que l’on a une belle marge de progression devant nous, car si on augmente ce taux de 50 %, cela permettra de retirer un petit nombre de véhicules et ainsi diminuer les embouteillages. »

« Aménager une voie réservée sur toute la rocade »

Clément Rossignol-Puech entend mettre en place « un plan lisible et cohérent, avec des voies continues, comme ce que nous sommes en train de faire pour les aménagements cyclables. » Pour cela, il souhaite aménager en priorité les « pénétrantes » – autoroutes débouchant sur la métropole, comme l'A63, l'A62, l'A10 et la RN 89, – et la rocade. A l’instar de l’expérimentation menée depuis 2017 sur l’avenue Marcel-Dassault à Mérignac, où une signalétique n’autorise que les véhicules avec au moins deux personnes à bord, les bus et les taxis à emprunter une voie réservée, sous peine d’une amende de 135 euros en cas de contrôle.

Concernant la rocade, « une expérimentation est actuellement menée en faveur de la ligne de bus 39, qui possède une voie réservée entre les échangeurs 12 et 13, mais à terme il faudra aménager une voie réservée au covoiturage et aux transports en commun sur toute la rocade, annonce le vice-président de la métropole. Il faut notamment réfléchir à aménager une quatrième voie dans la largeur existante, ce qui veut dire réduire les trois voies actuelles avec un abaissement de la vitesse réglementaire. Mais c’est un dossier qu’il faudra travailler avec l’Etat, qui a la responsabilité de la rocade. »

Une section de 3 km entre Fargues-Sainte-Hilaire et la rocade aménagée en 2021

Le département de la Gironde avance de son côté sur l’aménagement de plusieurs routes départementales. Trois projets sont lancés : la RD 936 entre Fargues-Sainte-Hilaire et la rocade de Bordeaux sur 8 km, la RD 113 entre Latresne et Bouliac sur 5 km, et la RD 106 entre Mérignac et Saint-Jean d’Illac, sur 3,2 km. « Le choix s’est porté sur les routes les plus fréquentées donnant accès à la métropole, qui concentre 60 % de l’emploi en Gironde » explique Laure Curvale, vice-présidente du département en charge des mobilités.

« Le projet le plus avancé est celui entre Fargues et la rocade, poursuit Laure Curvale. Il devrait y avoir une première mise en service, dans le courant de cet été, d’une première section de 3 km, dans le cadre des travaux de la déviation de Fargues, et nous devrions aménager un kilomètre supplémentaire en 2022. Cet aménagement sera complété par des aires de covoiturage, avec l’agrandissement de l’aire de Salleboeuf, et la création d’une nouvelle aire de 40 places à Fargues. »

115 aires de covoiturage sur l’ensemble du département hors métropole

Pour les deux autres départementales, qui se font en partenariat avec la métropole, « nous en sommes actuellement aux études techniques et environnementales, l’échéance étant d’ouvrir la procédure de déclaration d’utilité publique fin 2021, pour une réalisation qui pourrait être effective en 2023-24. »

L’aménagement d’aires de covoiturage est l’autre volet du plan de développement. « Nous en sommes à 115 aires ce qui fait plus de 2.400 places de stationnement, annonce Laure Curvale. Elles sont fréquentées en moyenne à 50 %, avec certaines qui sont saturées et d’autres peu utilisées. Nous allons donner la priorité à celles à proximité des autoroutes. »

Une option « covoiturage » dans la prochaine délégation de service public Transport

Au niveau de la métropole, on recense 400 places de covoiturage. « Nous allons continuer à les développer, nous venons d’ailleurs de voter la création de 110 places sur les échangeurs de l'A10 au niveau de Saint-Vincent-de-Paul et d’Ambarès » annonce Clément Rossignol-Puech.

Une option « covoiturage » figure par ailleurs dans la prochaine délégation de service public Transport, qui doit être renouvelée en 2022. « Nous étudierons les propositions des candidats sur ce volet » prévient le vice-président de la métropole.