Gironde : Les travaux de la déviation du Taillan-Médoc peuvent se poursuivre

INFRASTRUCTURES Le Conseil d’Etat a considéré jeudi qu’il n’y avait pas lieu de suspendre les travaux de cette déviation routière prévue dans l’agglomération de Bordeaux

Mickaël Bosredon

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Environ 150 personnes avaient manifesté en février dernie sur les lieux du projet de déviation routière du Taillan-Médoc, en Gironde
Environ 150 personnes avaient manifesté en février dernie sur les lieux du projet de déviation routière du Taillan-Médoc, en Gironde — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Contestés par une association environnementale, les travaux de la déviation du Taillan-Médoc peuvent se poursuivre, a estimé jeudi le Conseil d’Etat.
  • Natur’Jalles dénonce la menace que ferait porter ce projet sur l’habitat naturel d’une centaine d’espèces animales (papillons, batraciens, etc.), ainsi qu’un danger sur l’eau.
  • Le département de la Gironde maintient que cette déviation de 8 km est nécessaire pour dévier le trafic routier entre le Médoc et l’agglomération bordelaise.

Les travaux de la déviation routière du Taillan-Médoc (Gironde) peuvent se poursuivre. Le Conseil d’Etat a donné raison jeudi au juge des référés, et considéré qu’il n’y avait pas lieu de suspendre les travaux lancés fin 2019, et qui se déroulent selon les conditions demandées par le Conseil national de protection de la nature (CNPN).

L’association Natur’Jalles et les propriétaires voisins avaient déposé un référé pour suspendre ces travaux, rejeté par une ordonnance du 17 février 2020 du juge des référés qui n’a trouvé « aucun doute sérieux » quant à la légalité du projet. Les demandeurs s’étaient pourvus en cassation, conduisant à une audience du Conseil d’État, vendredi 27 novembre.

Compensations environnementales

Initiée par l’Etat, cette déviation avait été déclarée d’utilité publique le 14 juillet 2005. Depuis 2007, c’est le département de la Gironde qui en assure la maîtrise d’ouvrage. La collectivité souligne que « 164 ha de nature seront sanctuarisés pour compenser les 17 ha d’emprise de la route, et 11 ouvrages d’art seront créés spécifiquement pour permettre le passage de la petite faune ainsi que préserver la ressource en eau. »

Natur’Jalles, ainsi que d’autres associations environnementales, dénoncent pour leur part la menace que ferait porter ce projet sur l’habitat naturel d’une centaine d’espèces animales (papillons, batraciens…), dont certaines sont menacées de disparition. Elles dénoncen le risque que ferait porter le projet sur l'eau potable.

Annulations devant le tribunal administratif

Après plusieurs annulations du dossier devant le tribunal administratif, le conseil départemental avait dû revoir sa copie, réduire une partie de l’infrastructure, et compensé une partie des destructions par la création de nouveaux habitats naturels. La collectivité avait finalement obtenu en septembre 2019 le feu vert du conseil national de la protection de la nature, puis celui de la préfecture de la Gironde, pour le lancement des travaux.

La déviation du Taillan-Médoc est un dossier, à l’origine, vieux de plus de trente ans. Le département rappelle que la commune du Taillan, située à la limite du Médoc et de l’agglomération bordelaise, est traversée chaque par 20.000 véhicules, dont 10 % de poids lourds. « Ce trafic extrêmement important est à l’origine de nombreux accidents, on déplore 86 accidents graves ayant occasionné 12 décès depuis 1994 » assure la collectivité.

Le budget consacré à cette déviation routière de 8 km est de l'ordre de 23 millions d'euros.