Bordeaux : « Il est temps d’arrêter de nous mettre nous et nos patientes en danger », écrit une sage-femme en grève

SANTE Des avancées ont été réalisées au cours des négociations entre les soignantes en grève de la maternité de Pellegrin à Bordeaux, en grève depuis mardi, et la direction

Elsa Provenzano
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L'équipe de la maternité de Pellegrin demande davantage de moyens pour travailler dans de meilleures conditions de sécurité.
L'équipe de la maternité de Pellegrin demande davantage de moyens pour travailler dans de meilleures conditions de sécurité. — SERGE POUZET/SIPA
  • Depuis mardi, le personnel soignant de la maternité de Pellegrin à Bordeaux est en grève pour réclamer des recrutements.
  • Une sage-femme gréviste a écrit une lettre ouverte pour décrire les conditions difficiles dans lesquelles son service travaille.
  • Les négociations, encore en cours, ont déjà permis quelques avancées.

La maternité du CHU de Pellegrin à Bordeaux réalise plus de 5.600 accouchements par an. Depuis ce mardi, le personnel soignant de cette maternité est en grève pour demander des recrutements et de meilleures conditions de travail. Le taux de participation à la grève serait d’environ 60 %, selon le syndicat Sud Solidaires. Les soignants grévistes sont d’astreinte et continuent donc de travailler. De belles avancées ont eu lieu dans les négociations mais le mouvement de grève est maintenu jusqu’à ce vendredi où une nouvelle réunion doit se tenir.

Parmi les grévistes une sage-femme a écrit une lettre ouverte pour décrire l’urgence de la situation et en particulier le manque d’effectifs. « 24 patientes et le même nombre de bébés, à quatre mains on ne peut pas tout gérer », écrit-elle.


Des recrutements annoncés

« Il y a eu des avancées, un sixième poste de sage-femme de nuit va être créé au 1er janvier, un poste d’auxiliaire de puériculture de nuit en salle de naissance et sur les trois postes demandés d’auxiliaires de puériculture en suites de couches, un poste transversal va être créé », détaille Franck Ollivier, délégué Sud santé sociaux au CHU de Bordeaux. Un agent sera aussi recruté pour le service d’urgences de la maternité. D’autres revendications n’ont pas trouvé d’écho favorable auprès de la direction mais dans l’ensemble le syndicat est assez satisfait par la tenue des négociations.

« Du matériel de base qui manquait depuis des mois voire des années a aussi été obtenu, ajoute Franck Ollivier. Du matériel biomédical, informatique, des tire-lait, des baignoires, des monitorings etc. »

« A vous, élus et dirigeants de l’hôpital public, donnez-nous les clés pour mieux avancer, il faut vraiment nous aider. On sait que tout ça a un prix, mais il est temps d’arrêter de nous mettre nous et nos patientes en danger », conclut la jeune sage-femme dans sa lettre.

Sollicitée par 20 Minutes, la direction du CHU de Bordeaux préfère attendre la fin des discussions avant de communiquer.