Le train prend le temps d'aller vite

Orianne Dupont

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Bordeaux à deux heures de Paris, c'est presque pour demain... S'il va tout de même falloir attendre jusqu'à 2016, le projet prend forme. Un protocole d'intention de financement de la ligne Sud-Europe-Atlantique (LGV SEA) entre les collectivités et l'Etat devrait intervenir à la mi-février. Le préfet, Francis Idrac a précisé, hier, qu'il avait recueilli des réponses négatives de la part de conseils généraux de Midi-Pyrénées, de Poitou-Charentes et de la ville d'Angoulême. Il verra avec le ministre des Transports comment traiter ces refus. Pierre-Denis Coux, directeur du programme chez RFF reste confiant : « La ligne va créer une dynamique et des retombées économiques. » Mais l'investissement est lourd : 7,2 milliards d'euros... Pour réduire les délais, RFF a anticipé certaines études afin de faciliter le travail du futur concessionnaire, désigné en fin d'année.

Même montée en puissance pour le prolongement de la ligne vers Toulouse et l'Espagne, dont le projet sera défini plus précisément fin 2010 pour une mise en service en 2020. La crise reste une ombre au tableau car les emprunts risquent d'être difficiles à obtenir. « Le plan de relance du gouvernement est la pierre angulaire du projet », note Pierre-Denis Coux.

Les lignes existantes vont, elles aussi, avoir besoin d'attention. « Il y a un sous-investissement chronique sur le réseau, dénonce la CGT, ce qui entraîne des désagréments pour les usagers. » La SNCF en a pourtant conscience puisque les investissements sont passés de 90 millions d'euros en 2007 à 220 millions d'euros en 2010. Date à laquelle l'ensemble du réseau devrait être rénové. ■