La cathédrale des enfants de la balle

Marion Guillot

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Avec ses lignes futuristes, le nouveau chapiteau du cirque Arlette Gruss est un spectacle à lui tout seul. « La cathédrale », hommage à la grande dame disparue il y a trois ans, s'est posée sur la place des Quinconces fin décembre. Après une dizaine de jours de répétition et d'ajustements, les trente-cinq artistes et vingt-six techniciens sont entrés en piste vendredi soir. Intitulée La Cité du cirque, cette nouvelle création a été imaginée par Gilbert, le fils d'Arlette Gruss.

Les deux heures et demie de spectacle, très denses et rythmées, offrent au public une belle variété de numéros : dressage d'animaux, entre autres par la petite-fille d'Arlette Gruss âgée de 9 ans, des numéros de clowns ou encore jonglage ont apporté la touche traditionnelle ; pour la touche moderne, hoola-hop et duo de funambules ont fait le reste. Orchestre et belles lumières rehaussent le tout, sans oublier une pointe de glamour : en lieu et place de Monsieur Loyal, c'est une créature de rêve en robe du soir qui assure la présentation des numéros et reprend de temps à autre des classiques de la chanson française... Le public est conquis. Il applaudit à tout rompre et se lève à la fin. Mais certains sont quand même un peu déçus : « Ça manquait de liant et de grands numéros acrobatiques. Ils ne m'ont pas fait rêver », regrette Julie.

Peut-être moins innovant que son chapiteau, le nouveau spectacle d'Arlette Gruss semble prendre ses distances avec le « nouveau cirque » très en vogue ces dernières années, au profit de formes plus classiques : « Nous voulons nous rapprocher des spectateurs en s'inspirant des arts de la rue », confirme un membre de la troupe. Le précédent spectacle, Mirages, avait attiré 460 000 personnes l'an dernier. ■