Gironde : Parents de collégiens, participez à une étude sur les réseaux sociaux et le cyberharcèlement

RECHERCHE Mathilde Husky, professeur de psychologie à l’université de Bordeaux, cherche des parents de collégiens girondins prêts à répondre à un questionnaire en ligne sur les réseaux sociaux. Leurs réponses vont permettre de mener une étude inédite

Elsa Provenzano

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Illustration réseaux sociaux
Illustration réseaux sociaux — geralt/Pixabay
  • Des parents de collégiens scolarisés en Gironde sont appelés à participer à une étude lancée par l’université de Bordeaux sur les réseaux sociaux et le cyberharcèlement.
  • Elle doit permettre d’en apprendre davantage sur les effets positifs et négatifs des réseaux sociaux les plus récents sur les comportements des adolescents.
  • Un volet concerne le harcèlement et le cyberharcèlement en vue d’esquisser des mesures de prévention.

Cette période de crise sanitaire a beaucoup d’effets néfastes, dont celui de perturber les études scientifiques en cours. C’est le cas pour Cyberlife, une étude qui s’intéresse aux effets des réseaux sociaux sur les comportements des adolescents et leurs liens avec le cyberharcèlement. Elle a été lancée début 2020 par Mathilde Husky, professeure de psychologie à l’université de Bordeaux et peine à rallier des participants.

Les collégiens doivent être accompagnés en direct par l’équipe de recherche pour répondre, leur participation est donc forcément repoussée à cause du confinement. Mais, les parents peuvent répondre à un questionnaire en ligne pour lequel il faut compter une trentaine de minutes.

Comprendre l’impact des réseaux sociaux sur les ados

« On ouvre l’étude à tous les parents qui ont des enfants en 5e, 4e et 3e, explique Mathilde Husky. On leur demande par exemple combien il y a d’écrans chez eux, si leur adolescent dort avec son portable, s’ils ont instauré des limites à l’usage des réseaux sociaux, si leur enfant a déjà été victime ou auteur de harcèlement etc. » L’idée est de recueillir ce que savent les parents des comportements de leurs ados, en toute confidentialité et sans jugement. Pour établir un échantillon représentatif solide, elle compte sur la participation de plusieurs milliers de parents. Les réponses seront comparées à celles des adolescents, dans le but de mesurer les écarts.

« On ne va pas demander de faire un tas avec les portables et d’y mettre le feu, plaisante Mathilde Husky. On sait que dans certains cas les réseaux sociaux peuvent apporter du soutien social aux adolescents. Ces formes de communication existent et évoluent à toute vitesse. Avec cette étude, on veut comprendre leur impact, positif ou négatif ». Il n’existe pas d’étude à ce jour qui explore la façon dont les réseaux sociaux interagissent avec la santé mentale des adolescents.

Mieux prévenir le harcèlement

L’étude s’intéresse à la fois au harcèlement et au cyberharcèlement, tentant d’éclairer l’un à la lumière de l’autre. « Est-ce que ce sont les mêmes enfants qui subissent l’un et l’autre ? Est-ce qu’il y a à l’adolescence des élèves qui ne se permettraient pas un croche-patte mais qui écrivent des menaces sur Internet ? », s’interroge la professeure de psychologie.

On sait déjà que les lycéens sont plus enclins au cyberharcèlement qu’au harcèlement et que les filles, moins violentes physiquement, peuvent être plus virulentes que les garçons sur la toile. L’ambition est de mieux comprendre les victimes mais aussi les auteurs et ceux des enfants qui arrivent à rester à l’écart de ces comportements, pour en retirer des idées de prévention.

Si l’étude parvient à rassembler suffisamment de participants avant la fin de l’année, un rapport pourrait être publié dès le printemps. Mathilde Husky appelle à un « effort collectif » pour obtenir des réponses sur un sujet sensible, qui inquiète de nombreux parents.