Confinement en Gironde : Les artisans et commerçants de services en détresse

ECONOMIE Ce deuxième confinement frappe de plein fouet les artisans et commerçants du secteur des services (coiffeurs, esthéticiennes, toiletteurs, etc.). Ils représentent 36 % des 45.000 entreprises artisanales de la Gironde

Elsa Provenzano

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Un coiffeur coupant les cheveux d'une cliente. Image d'illustration.
Un coiffeur coupant les cheveux d'une cliente. Image d'illustration. — kaleido-dp
  • Les artisans et commerçants des services sont particulièrement touchés par ce deuxième confinement, en Gironde.
  • Confinée avec des indicateurs un peu moins mauvais que les autres régions, la Nouvelle-Aquitaine pourrait peut-être un peu mieux s’en tirer si le pic attendu de l’épidémie dure moins longtemps.

Des dégâts économiques locaux liés à la crise sanitaire sont à redouter. Plus de 10.000 sollicitations avaient été reçues par la chambre des métiers et de l’artisanat de la Gironde (CMA) pendant le premier confinement. En ce début de deuxième confinement, cela repart très fort avec déjà près de 3.500 contacts. « Le flou artistique sur ce qui était possible ou pas pour les coiffeurs, esthéticiennes, etc. [déplacement à domicile autorisé puis interdit] a généré beaucoup de demandes », explique Nathalie Laporte, présidente de la CMA.

Les artisans qui le peuvent sont encouragés à faire du « clik and collect » et on les aide si besoin à réaliser un site vitrine mais ce n’est pas le cas pour les commerçants du secteur des services qui vendent « leur savoir-faire ». Et ce secteur pèse lourd dans l’économie locale puisque sur les 45.000 entreprises artisanales installées en Gironde, 36 % d’entre elles travaillent dans les services.

« Ce qui a été mis en place marche »

La chambre de commerce et d’industrie (CCI) a réactivé sa cellule de crise qui connaît, elle, une activité bien moindre que lors du premier confinement « seulement 20 appels par jour contre 120 lors du premier confinement », livre Patrick Seguin, son président. Les entreprises se sont habituées et connaissent les démarches pour débloquer des aides. 52.000 des 84.000 entreprises de la Gironde ont bénéficié à ce jour du fonds de solidarité. « Ce qui a été mis en place marche », a commenté Patrick Seguin. Il a salué le fait que les restaurateurs qui pratiquent le « click and collect » pendant ce confinement puissent bénéficier des mêmes aides que ceux qui sont fermés. Cela n’était pas le cas lors du premier confinement et incitait les restaurants à garder leurs rideaux baissés.

Une sortie de crise un peu plus rapide en Gironde ?

Les entreprises serrent les dents pour passer ce cap difficile qu’elles espèrent le plus court possible et sont très attentives à l’évolution de la situation épidémique. « Le nombre de malades augmente de façon exponentielle, a expliqué ce jeudi Benoît Elleboode, directeur de l’agence régionale de santé en Nouvelle-Aquitaine. Ce n’est pas illogique même si la mise en place du confinement a eu lieu, puisqu’il faut attendre entre une semaine à quinze jours qu’il produise des effets ».

Le taux d’incidence continue à grimper, il est de 238 pour 100.000 en Gironde et de 288 pour 100.000 sur la métropole girondine. Seul petit espoir, que l’épidémie ait été contenue un peu plus tôt dans la région : « On a commencé le confinement avec des indicateurs moins élevés, note le directeur régional. On espère que le pic attendu va durer moins longtemps qu’ailleurs et qu’on pourra mieux y faire face ». La survie de certaines petites entreprises pourrait dépendre de ces quelques semaines gagnées.