Bordeaux : Des dégradations commises sur une mosquée du quartier Saint-Michel

VIOLENCES Des patrouilles seront déployées dès aujourd’hui aux abords des lieux de prières à Bordeaux

M.B. et C.C.

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Des vitres ont été brisées à la mosquée Nur El Mohamadi de Bordeaux
Des vitres ont été brisées à la mosquée Nur El Mohamadi de Bordeaux — Clément Carpentier/20Minutes
  • Selon le parquet de Bordeaux, des inscriptions effectuées à la peinture noire comportaient notamment des insultes au prophète, et des vitres ont été brisées.
  • En cette journée d'hommage national au professeur Samuel Paty, la préfète de la Gironde Fabienne Buccio « condamne avec la plus grande fermeté ces actes inacceptables ».
  • Les investigations judiciaires sont en cours pour retrouver le ou les auteur(s) de ces faits.

Des inscriptions sur les murs, des vitres brisées… Des dégradations ont été commises dans la nuit de mardi à mercredi vers 1h45 sur la mosquée Nur el Mohamadi, au 36, rue des Menuts à Bordeaux, une ruelle du quartier Saint-Michel, a-t-on appris ce mercredi auprès de la préfecture de la Gironde. Les inscriptions avaient été effacées ce mercredi après-midi.

Contacté par 20 Minutes, la procureure de la République de Bordeaux, Frédérique Porterie, précise que les inscriptions effectuées à la peinture noire mentionnaient : « Vive la France » ; « Mahomet = lâche » ; « Enlève ton voile ». « Des croix notamment de Lorraine ont également été dessinées, et trois vitres situées au dessus de la porte en bois de la mosquée ont été brisées, probablement par jet de pierre » poursuit-elle.

Deuxième plainte pour dégradations en une semaine

La mosquée Nur El Mohamadi qui est « la plus ancienne de Bordeaux, affiliée à la Grande mosquée de Paris », a déjà été la cible d’inscriptions la semaine dernière qui disaient « Ni dieu, ni maître, ni proxo ni mari », selon Abdelaziz Manaa, vice-président de la mosquée, contacté par l'AFP. « C’est la deuxième plainte que nous déposons après une première la semaine dernière », a-t-il déclaré ajoutant que « les tags, ça ne date pas d’hier, on en a tout le temps, on ne dépose pas plainte à chaque fois car on n’a jamais de nouvelles, ça arrive tous les mois ou tous les deux mois. Par contre, c’est la première fois qu’on a de la casse, ça commence à partir en vrac ».

En cette journée d'hommage national au professeur Samuel Paty, la préfète de la Gironde Fabienne Buccio « condamne avec la plus grande fermeté ces actes inacceptables qui n’ont pas leur place dans la République française ». « Dès ce matin, le préfet délégué pour la sécurité et la défense, Martin Guespereau, s’est entretenu avec les responsables du culte musulman, et leur a fait part du soutien de l’État », indique la préfecture dans un communiqué.

Enquête confiée au commissariat de Bordeaux

Une agence de voyage spécialisée dans le Maghreb a vu aussi ses murs tagués, a constaté notre journaliste sur place. Des patrouilles seront déployées dès aujourd’hui aux abords des lieux de prières, précise la préfecture. Les investigations judiciaires sont en cours pour retrouver le ou les auteur(s) de ces faits. L'enquête a été confiée au commissariat de Bordeaux, précise la procureure de la République.

« Des menaces ou des actes de violence ont visé les mosquées de Béziers et de Bordeaux, j’ai demandé aux préfets des départements concernés de protéger ces lieux de culte. De tels actes sont inacceptables sur le sol de la République », a pour sa part tweeté le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin.