L'État épingle huit communes

Marion Guillot

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Pénalités financières majorées pour huit communes girondines. La loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), qui oblige les communes à atteindre les 20 % de logements sociaux (lire encadré), prévoit en effet une majoration graduée des pénalités, en cas de non-réalisation des objectifs fixés. Et c'est le cas pour Arcachon (UMP), Cestas (PS), Gradignan (DVD), Saint-Aubin-du-Médoc (UMP), Sainte-Eulalie (UMP), Saint-Loubès (PS), Saint-Médard-en-Jalles (PS) et Saint-Sulpice-de-Cameyrac (SE). Selon la préfecture de la Gironde, elles n'auraient pas atteint 80 % de l'objectif triennal 2005-2007 qu'elles s'étaient fixées.

Pour la première fois, un arrêté de constat de carence vient d'être pris à leur encontre par le préfet du département, Francis Idrac. Joints hier, les maires concernés, qui n'étaient pas encore au courant, ont accusé le coup : à Gradignan, la pénalité passe de 90 000 à 160 000 euros. « Ecoeuré », le maire, Michel Labardin, conteste la méthode de calcul des services de l'Etat : « Ils ont pris en compte les logements financés sur 2005-2007 plutôt que les logements livrés qui, eux, remplissaient l'objectif », dénonce-t-il. La commune, qui affiche 14,1 % de logements sociaux, doit encore en construire 603 pour atteindre les 20 %. « D'ici à 2010, nous nous sommes engagés à en réaliser 517, mais l'Etat n'en a pas tenu compte », regrette-t-il. A Saint-Aubin-du-Médoc, même fureur. « J'ai investi 200 000 euros dans le logement social depuis 2006, sans compter la construction d'une aire pour les gens du voyage ! », s'emporte le maire, Christophe Duprat. Très en retard, la commune compte aujourd'hui 5 % de logements sociaux, contre 2,3 % en 2006. ■