Bordeaux : Créer des bijoux à partir de dessins d’enfants, une idée qui a propulsé une petite société dans la cour des grands

VALEUR SENTIMENTALE Happybulle, une start-up installée à Mérignac en Gironde, connaît une croissance fulgurante depuis que Dorothée Cailley a eu l’idée de reproduire des dessins d’enfants sur des bijoux

Elsa Provenzano

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La société crée des bijoux gravés à partir de dessins d'enfants.
La société crée des bijoux gravés à partir de dessins d'enfants. — Happybulle
  • La société Happybulle est née de l'idée d'une maman fan de loisirs créatifs d'immortaliser des dessins d'enfants sur des bijoux. 
  • Basée à Mérignac, l'entreprise qui a commencé ses premières commandes en 2011 a connu une croissance exponentielle.
  • Elle emploie aujourd'hui 14 salariés et débute un développement à l'international. 

A deux ans, Valentine, la fille de Dorothée et Jérôme Cailley faisait déjà de beaux dessins aux yeux de sa maman, qui a eu envie de les immortaliser en les transformant en pendentifs. L’idée plaît tant autour d’elle qu’elle se prend au jeu et crée des bijoux sur son temps libre, en plus de son emploi d’ingénieure en génétique au CHU de Bordeaux. Elle va vite comprendre qu’elle n’est pas la seule à accorder une valeur sentimentale aux tracés, si maladroits soient-ils au début, de sa progéniture.

Son mari Jérôme Cailley, cadre dans une grande entreprise d' e-commerce, l’aide à lancer le site Happybulle pour vendre ses quelques créations en novembre 2011. « Et là on a eu plusieurs centaines de commandes sans qu’il n’y ait aucun référencement », se souvient-il. La machine est lancée et ne va pas tarder à s’emballer.

Le succès dès le démarrage

En 2012, Dorothée Cailley élargit sa gamme de création pour enrichir le catalogue proposé sur le site. « Son passe-temps commence à devenir envahissant, raconte son mari. Le petit bureau de notre chambre ne suffit plus et elle installe un atelier créatif dans notre chambre d’amis ». Alors qu’elle travaillait avec de la résine, elle se met à la gravure, moins chronophage et plus facile à fabriquer en série. En 2013, pour faire face aux afflux de commandes à l’occasion de la Fête des mères et de Noël, ils travaillent tous les deux le soir, une partie de la nuit et le week-end. « On est sur une croissance exponentielle de 200 % par an », souligne Jérôme Cailley, qui a le souvenir d’une période éprouvante.

Convaincu de l’énorme potentiel de l’entreprise que vient de créer son épouse, il quitte lui aussi son emploi en 2014 pour lui prêter main-forte. « On se fait traiter de fous par nos familles et on hypothèque notre maison, se remémore-t-il. Il faut dire qu’à ce moment-là, la société ne réalise que 30.000 euros de chiffre d’affaires ». Fin connaisseur du Web, Jérôme Cailley n’hésite pas à suivre sa femme dans son aventure : « j’étais convaincu qu’on avait une pépite entre les mains et je ne voulais pas prendre le risque qu’une concurrence se développe ».

Changement d’échelle à grande vitesse

En 2015, ils embauchent leur premier salarié et l’activité connaît un succès grandissant : les commandes se multiplient et avec lui le chiffre d’affaires qui atteint 1,5 million en 2017. « L’activité a toujours été rentable, souligne Jérôme Cailley. Il faut dire qu’on a été très carré dès le début sur nos coûts de production et de vente ». Aujourd’hui, Happybulle emploie 14 salariés et son effectif monte à 30 pour gérer les pics d’activité (fêtes des pères, fêtes des mères etc.) A Noël, les commandes passent de 200 par jour à 1000 voire 1300.

Les machines de gravures utilisées par Happybulle ont été détournées de leur usage initial pour permettre de graver pixel par pixel (à partir d’une photo envoyée sur le site par les clients) et de garantir un beau rendu. « On a besoin de beaucoup de machines et d’opérateurs pour les faire fonctionner, explique-t-il. Là où d’autres gravent des prénoms en quelques secondes, il nous faut quelques minutes pour graver des dessins ». Aujourd’hui le site propose un millier de références et s’adapte aux demandes. « On grave des "maman je t’aime" des empreintes digitales, des dessins en tout genre etc. ». Chaque année Happybulle met un point d’honneur à proposer une centaine de nouvelles références pour ne pas lasser sa clientèle, principalement féminine.

Pour faire face à son succès fulgurant, l’entreprise déménage l’été prochain dans de nouveaux locaux en construction à Mérignac. « Et à Noël, on se lance à l’international, en direction des pays anglophones », annonce Jérôme Cailley. L’entreprise qui a trouvé un filon prometteur n’a pas fini de faire parler d’elle.