Coronavirus à Bordeaux : Des studios de yoga décident de braver la fermeture des salles de sport

Covid-19 Une dizaine de studios de yoga de Bordeaux ont ouvert leurs portes lundi, alors que les autorités ont décidé de la fermeture des salles de sport pour quinze jours, afin de lutter contre la propagation de l’épidémie de coronavirus

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un cours de yoga.
Illustration d'un cours de yoga. — Pixabay

Ils demandent aux autorités de corriger leur posture. Une dizaine de studios de yoga à Bordeaux ont ouvert leurs portes lundi, avec port du masque obligatoire pendant les séances, bravant la fermeture des salles de sport, imposée durant quinze jours dans tout le département.

Dans une lettre ouverte, ces studios « sonnés par cette nouvelle directive » de fermeture, indiquent avoir décidé de poursuivre leur activité avec des mesures sanitaires encore renforcées, tout en notant que depuis la reprise en juin « nous avons eu au sein de nos structures moins de 0,1 % de cas ».

« C’est une question de bon sens »

« Ce n’est pas de la rébellion tête baissée », indique Séverine Hermary, fondatrice du Satnam club, installé dans un immeuble bourgeois en centre-ville. Pour elle, ne pas fermer, « c’est une question de bon sens ».

Distanciation sociale, réduction du nombre de pratiquants par cours (neuf maximum), marquages au sol, hygiène renforcée et, depuis lundi, port du masque pendant les séances : « Notre activité respecte l’ensemble des conditions sanitaires. Faire du yoga avec un masque, c’est possible, en adaptant la pratique », assure Séverine Hermary.

La Gironde classée en alerte rouge « renforcée » par les autorités

Avec les mesures actuelles, « nous ne sommes pas dans des espaces confinés, en tout cas beaucoup moins que dans un bar ou à la Fnac », dit-elle encore, alors que salles de sport et gymnases ont dû fermer pour quinze jours en Gironde, classée en alerte rouge « renforcée » par les autorités.

La responsable du Satnam club affirme avoir eu un appel de la police dès lundi matin : « Je les ai d’ailleurs invités à venir constater sur place que tout est respecté ». Selon Séverine Hermary, la fréquentation était normale lundi et les pratiquants étaient reconnaissants de pouvoir suivre les cours.

« Je reproche au gouvernement son manque de cohérence »

Patronne de Yoga With You, Agnès Cassonnet en veut aux autorités : « Je ne remets pas en cause le Covid, je suis une ancienne infirmière, mais je reproche au gouvernement son manque de cohérence ».

« La danse peut continuer mais pas le yoga, alors que ça se pratique parfois dans les mêmes lieux. Je veux qu’on m’explique pourquoi ! ». « Quand un professeur me téléphone en pleurs parce qu’il ne va plus pouvoir payer son loyer si on ferme, j’ai envie de me battre », dit-elle, « les conséquences financières c’est d’abord sur eux, ce sont presque tous des autoentrepreneurs ».

Une fermeture serait  « catastrophique » au niveau économique

« Fermer les studios, pour les pratiquants, c’est ajouter du stress là où il y en a déjà beaucoup », assure de son côté Laura Lobjoit, du studio BelliBulle, associée à la démarche bordelaise elle-même issue d’un mouvement lancé à Paris.

Pour sa toute petite structure, une fermeture de 15 jours, « en pleine phase d’inscriptions » et juste avant la parenthèse des vacances de Toussaint, serait « catastrophique » au niveau économique.