Ahmed, lycéen, sort de rétention

Fabienne Cosnay

— 

L'histoire finit bien, pour le moment. Hier soir, Ahmed Aoudi, 18 ans, élève au lycée professionnel Jacques-Brel à Lormont, a pu retrouver ses deux frères aînés. Depuis lundi, ce jeune Tunisien, arrivé en France il y a deux ans, était détenu au centre de rétention administrative (CRA) de Bordeaux. « Une situation inadmissible et une atteinte fondamentale au droit à l'éducation », s'indigne Gérard Clabé, membre du Réseau éducation sans frontières 33 (RESF). Selon l'association, c'est la première fois qu'un étranger scolarisé se retrouve placé au CRA de Bordeaux. Dès mardi, RESF a lancé une pétition intitulée « Ne laissons pas Ahmed enfermé ». En trois jours, 884 citoyens l'ont signée, dont le maire de Lormont, Jean Touzeau.

Des profs et des camarades de classe ont rendu visite à Ahmed, mercredi et hier, pour lui donner ses devoirs. Hier matin, les 150 lycéens qui manifestaient contre la réforme Darcos (lire ci-dessous) ont terminé leur parcours par un sit-in devant le commissariat. C'est sans doute toute cette mobilisation qui a permis sa libération, hier soir.

Ahmed Aoudi avait été arrêté vendredi dernier place de la Victoire, lors d'un contrôle d'identité. Après deux jours de garde à vue, le juge de la liberté et de la détention avait ordonné son placement au CRA. Mais il est toujours sous la menace d'une expulsion. Ses deux frères ont déposé un recours à la préfecture pour demander une régularisation de séjour grâce à un contrat d'apprentissage (Ahmed est en BEP électrotechnique). Le maire de Lormont a envoyé, hier, un courrier au préfet de Gironde pour que la situation de l'étudiant soit réexaminée rapidement. ■