Juppé révise avant la venue de l'Unesco

Marion Guillot

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Comment intégrer un pont levant de 112 m de haut dans un périmètre classé Unesco ? La question sera posée aujourd'hui et demain à des architectes internationaux, réunis à Cap Sciences à la demande du maire (UMP) de Bordeaux, pour un séminaire consacré au projet de pont levant Bacalan-Bastide. « Cela nous permettra de voir si cette construction dans le Port de la Lune est un outrage au patrimoine, explique Alain Juppé. Il ne s'agit pas de refaire le projet, mais de voir comment l'améliorer en termes de taille, de coloration ou de dimensions des piliers. »

Un moyen pour le maire d'affûter ses arguments face au directeur de l'Unesco, Francesco Bandarin, et aux experts du Conseil international des monuments et des sites (Icomos), attendus à la fin du mois pour une visite de terrain. Alertés il y a six mois par des associations hostiles au pont, qui dénoncent son gigantisme et accusent la ville d'avoir dissimulé certains éléments du projet pour obtenir le classement Unesco, ils vérifieront sur site les impacts de l'ouvrage sur le Port de la Lune, inscrit au patrimoine de l'humanité depuis le 28 juin 2007. Après plusieurs mois de polémique, cette visite s'annonce déterminante : elle pourrait en effet déboucher sur le déclassement de Bordeaux, si les experts jugent le pont nuisible à l'intérêt patrimonial du périmètre classé. Ce secteur, le plus vaste ensemble urbain classé au patrimoine mondial, couvre l'ensemble du Bordeaux intra-boulevards ainsi que le quartier de la Bastide. Alain Juppé se demande aujourd'hui s'il n'a pas vu un peu grand : « Une réflexion s'impose, a-t-il déclaré hier. Nous ferons tout pour garder ce label, mais pas à n'importe quel prix. Et le pont se fera, quoiqu'il arrive. » ■