La crise fait le lit du relooking de maison

Fabienne Cosnay

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La société Immostyling se défend de tirer profit de la crise immobilière. Pourtant, les affaires fleurissent depuis que l'entreprise a décidé, en mars dernier, de se spécialiser dans le « home staging ». Un concept importé des Etats-Unis et qui consiste à relooker une maison ou un appartement pour permettre au propriétaire de le vendre au plus vite et à un bon prix. « On intervient beaucoup après une succession ou un divorce, quand les propriétaires sont pressés de vendre », explique Marie Goguer, la dirigeante d'Immostyling.

Hier, son équipe, basée à Nice, a posé ses valises à Bordeaux, à la demande d'une agence immobilière qui n'arrive pas à vendre un bien depuis trois mois. Rangement, pièces réaménagées, accessoires (draps, rideaux, etc.) pour épurer les pièces et agrandir l'espace... A 17 h, visite de contrôle du négociateur, ravi : « Les gens avaient du mal à se projeter dans la maison. Cela va faciliter la vente, c'est certain ! »

Jean-Pierre Icard, lui, a fait appel à ces fées du logis et de la décoration en juillet, après avoir hérité avec ses frères de la maison familiale située à La Sauve, en Gironde. « J'habite à Marseille. Je ne pouvais pas faire des allers-retours pour optimiser le prix de vente. Or, la maison avait besoin d'être dépersonnalisée. » Fin septembre, l'équipe d'Immostyling est intervenue, comme toujours, sur une seule journée. Avec une mission : rendre le bien le plus neutre possible. Coût du lifting : 1 500 euros (15 euros le m2) et 300 euros d'achats d'accessoires pour rendre les pièces plus attractives. « Ils ont enlevé les vieux meubles, les photos au mur, les objets personnels, etc., raconte l'ancien propriétaire. Quand je suis revenu, je n'avais plus l'impression d'être chez mes parents. Et le mois suivant, la maison était vendue à un bon prix. » ■