Bordeaux : A Darwin, Veja ouvre une boutique pour offrir une seconde vie à ses sneakers

TENDANCE La marque de baskets écoresponsable, s’implante dans le lieu alternatif de la rive droite bordelaise, avec une boutique centrée autour d’un projet de recyclage

Mickaël Bosredon

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La boutique Veja au sein de l'écosystème Darwin, à Bordeaux
La boutique Veja au sein de l'écosystème Darwin, à Bordeaux — Veja
  • La boutique Veja x Darwin propose une cordonnerie pour faire réparer ses sneakers, et des bacs pour déposer les paires trop usagées.
  • La marque Veja planche sur un projet de recyclage, qui sera dévoilé d’ici un an.
  • La boutique de Darwin met aussi en vente des modèles qui sont restés au stade du prototype, ou des baskets à prix réduit présentant de légers défauts.

Les mauvaises langues diront que la marque des « bobos parisiens », ne pouvait pas passer à côté de cet aspirateur à hipsters qu’est Darwin à Bordeaux. Que ces deux modèles économiques, ne pouvaient que faire du business ensemble. On préférera retenir que Veja et l’écosystème « alternatif » bordelais, partagent avant tout des valeurs communes : engagement, éthique, défense de l’environnement.

La marque de sneaker Veja, s'est installée dans les locaux de l'écosystème Darwin à Bordeaux
La marque de sneaker Veja, s'est installée dans les locaux de l'écosystème Darwin à Bordeaux - Mickaël Bosredon/20 Minutes

Au cœur de l’été, la marque de sneakers écoresponsable Veja, a donc poussé la porte de Darwin, pour s’y implanter dans un local de 350 m2. Dans une ambiance béton brut de décoffrage. Mais c’est surtout une boutique unique en son genre que Veja a inauguré sur la rive droite bordelaise, centrée autour du concept d’économie circulaire ; comment pouvait-il en être autrement dans ce lieu qui ne veut avant tout rien faire comme les autres ?

« Darwin va nous servir à collecter des milliers de paires usées, trouées, importables… »

Ici, Veja va donner une seconde vie à ses baskets. D’abord parce que ce magasin dit « outlet », ne vend que des paires promises au rebut. Vous y trouverez par exemple des prototypes, c’est-à-dire des modèles créés pour certaines collections, mais qui ne sont pas allés plus loin que le stade de la présentation. Avis aux collectionneurs. Des baskets quasiment neuves, que des clients ont retournées au bout de quelques jours en raison de légers défauts (rayures, accrocs…) y sont également mis en vente, avec des réductions comprises entre - 30 % et – 50 %. Avis aux amateurs de bon plan. Enfin, d’anciennes collections sont également proposées. Avis aux nostalgiques.

Veja est une marque de sneakers écoresponsable française
Veja est une marque de sneakers écoresponsable française - Micëlka ëBosredon/20 Minutes

Surtout, la boutique bordelaise se distingue avec son coin cordonnerie, et ses bacs de recyclage. « Quand on a décidé de s’installer à Darwin, explique à 20 Minutes Sébastien Kopp, un des deux fondateurs de Veja, j’ai tout de suite voulu en faire le pilier de notre nouvel engagement, qui est le recyclage. Ce que je veux faire ici, c’est nettoyer, réparer, collecter, recycler. Nous avons donc installé une cordonnerie, et un point de collecte de baskets Veja, mais aussi d’autres marques de sneakers, dans le but de les recycler, afin d’alimenter un projet que l’on dévoilera d’ici un an. Darwin va nous servir à collecter des milliers de paires usées, trouées, importables… »

Des bacs sont installés dans le magasin Veja de Darwin, pour déposes ses sneakers usagées, qui seront ensuite recyclées.
Des bacs sont installés dans le magasin Veja de Darwin, pour déposes ses sneakers usagées, qui seront ensuite recyclées. - Mickaël Bosredon/20 Minutes

« Les gens n’imaginent pas pouvoir faire réparer leurs baskets »

En gros, le client avec sa vieille paire de sneakers vient d’abord trouver la cordonnière de Veja x Darwin, Nadège Lada, et soit la fait réparer, soit la dépose dans le bac de recyclage, ce qui lui donne droit à une ristourne de 10 % sur une paire en boutique.

Nadège Lada est la cordonnière de la marque Veja, à Darwin.
Nadège Lada est la cordonnière de la marque Veja, à Darwin. - Mickaël Bosredon/20 Minutes

« Souvent, les gens n’imaginent pas pouvoir faire réparer leurs baskets, nous raconte la cordonnière, car ils ne font pas le lien entre cordonnerie traditionnelle et sneakers. » Nadège Lada propose pourtant une palette complète, qui va du simple nettoyage à la réparation complète.

La marque Veja s'est équipée d'une cordonnerie, dans sa boutique installée à Darwin à Bordeaux
La marque Veja s'est équipée d'une cordonnerie, dans sa boutique installée à Darwin à Bordeaux - Mickaël Bosredon/20 Minutes

« Dans la majorité des cas, ma prestation tourne autour du nettoyage et du remplacement des glissoires – la pièce de doublure à l’arrière du talon – ce qui va tourner autour de 35 euros. Mais parfois cela peut être plus cher, c’est alors au client de faire son choix, sachant que certains sont très attachés à leur paire, car une fois qu’elle est faite au pied elle est très confortable, et des fois il vaut mieux faire réparer une paire dans laquelle on est bien, plutôt que d’en acheter une neuve. »

« Réinventer la façon de produire une basket »

Créée en 2005, la marque Veja revendique un nouveau modèle économique « écoresponsable » : elle a été une des toutes premières à utiliser du coton biologique, du caoutchouc naturel d’Amazonie, des déchets de céréales, de maïs, ou encore des matières issues de bouteilles recyclées, dans une industrie qui abuse souvent de plastique en tout genre. Les deux fondateurs, Sébastien Kopp et François-Ghislain Morillion, ont aussi fait le choix de renoncer aux budgets publicité et marketing, pour allouer ces sommes à la fabrication et aux matières premières.

« On voulait réinventer la façon de produire une basket en sourçant nous-mêmes tous les matériaux écologiques, explique Sébastien Kopp. Nous nous sommes donc mis en quête de caoutchouc naturel, en nous rendant en Amazonie. Ensuite, on a trouvé une usine dans le sud du Brésil pour la fabrication, et une association d’insertion en France pour la distribution, que nous avons quittée cette année car nous devenions trop gros pour elle, mais nous passons désormais par une entreprise d’insertion, qui emploie des personnes présentant un léger handicap. »

Les Etats-Unis, premier marché de la marque

L’année dernière, Veja a réalisé 65 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour environ trois millions de paires vendues. Et à ceux qui veulent continuer d’enfermer la marque dans la case « bobo parisiens », Sébastien Kopp rétorque que « notre plus gros marché ce sont d’abord les Etats-Unis, puis l’Angleterre, en troisième la Chine et seulement ensuite la France, qui représente 15 % de notre chiffre. On marche très fort à New York ou Los Angeles. »

Il est vrai que depuis ce jour d’octobre 2018, lorsque Meghan Markle est apparue en public avec une paire de baskets marquée d’un « V », la cote de la marque française à l’étranger s’est d’un coup envolée.