Vigilance accrue pour les SDF

Fabienne Cosnay

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Protéger les plus démunis face à la chute vertigineuse des températures. Le niveau 2 du plan Grand froid a été déclenché, lundi, par la préfecture. La nuit dernière, le mercure devait descendre à - 10 °C, selon les prévisions de Météo-France. D'où l'importance de renforcer les maraudes pour inciter les sans-abri les plus récalcitrants à rejoindre un centre d'hébergement d'urgence. Depuis lundi soir, trois équipes du Samu social - contre deux en temps normal - parcourent le centre-ville pour leur venir en aide. « Selon nos statistiques, on compte près de 3 000 sans-abri à Bordeaux. Ils sont près de 170 à refuser catégoriquement d'aller en foyer. En ce moment, on arrive à les convaincre », souligne Gérard Bodin, directeur du Samu social de Bordeaux.

Un constat partagé par Virginie Hérisson, directrice de la Halte de nuit. « On accueille des sans-abri très désocialisés, qui, d'habitude, ne viennent pas chez nous. » Reste ceux qui refusent toute forme d'aide. Ils seraient une trentaine, selon le Samu social. Et souffrent généralement de graves troubles psychiatriques. « Dans ce cas, on procède à des hospitalisations sous contrainte », explique Gérard Bodin.

Pour les autres, ce sont les centres d'hébergement d'urgence. Avec l'activation du niveau 2 du plan Grand froid, 32 places supplémentaires viennent compléter les 595 lits déjà existants. Des nuits d'hôtel s'ajoutent au dispositif. « Pour le moment, nous ne sommes pas confrontés à un manque de places », indique le directeur du Samu social. « Les foyers sont pleins, mais il n'y a pas de refus d'accueillir des sans-abri », ajoute le médecin. ■