Bordeaux : Face à « l’échec collectif en matière de mobilité » la métropole veut relancer un grand plan de déplacements

TRANSPORTS Le nouveau président de Bordeaux Métropole a fait sa rentrée politique ce mardi, et lancé plusieurs pistes pour s’attaquer au problème de la mobilité dans l’agglomération

Mickaël Bosredon

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Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole
Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole — Mickaël Bosredon/20Minutes
  • Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole, souhaite un plan de déplacement pour les piétons, relancer les projets de bus à haut niveau de service, et mieux exploiter le fleuve.
  • Le ferroviaire doit être mieux utilisé, avec notamment le projet de RER métropolitain. Tous les projets de tramway seront remis à plat.

Le nouveau président de Bordeaux Métropole, fait un constat, celui d’un « échec collectif. » « L’échec de tous les acteurs publics, depuis des années, en matière de mobilité », a-t-il lancé ce mardi lors de sa conférence de presse.

« Quand vous dépensez 400 à 500 millions d’euros par an, et qu’à la fin vous avez toujours un problème de mobilité majeur, vous dites que quelque chose a raté, estime Alain Anziani. Je crois que nous n’avons pas vu la vitesse de développement de notre agglomération, et nous sommes aujourd’hui une des dernières agglomérations à mettre notre rocade à deux fois trois voies, une des dernières à avoir eu un tramway. Et en matière d'aménagement cyclable nous avons aussi pris du retard. »

« Ne tombons pas dans la caricature, d’avoir la religion du tout vélo »

Pour en sortir, Alain Anziani a lancé ce mardi des pistes pour « diversifier la mobilité. » « Ne tombons pas dans la caricature, d’avoir la religion du tout vélo. Il n’y a pas de solution miracle. Il faut donner toute sa place au vélo, mais ne pensons pas que le vélo sera la solution à toutes les mobilités. »

Le président de la métropole souhaite développer toute une palette de solutions, notamment un grand plan piétons. Il espère aussi que les projets de BHNS (bus à haut niveau de service) vont enfin pouvoir sortir de terre. « Sur la liaison BHNS entre Bordeaux-Saint-Jean et Saint-Aubin nous prévoyons une mise en service le premier trimestre 2024. Une autre liaison prévue, celle entre le CHU Pellegrin, Talence et Thouars. » Il faut aussi passer du réseau en étoiles « à un réseau circulaire. » « Nous avons un projet de pont à pont, c’est-à-dire de Cracovie au CHU en passant par le pont Chaban et le pont Simone-Veil. Cela représente 15 km, pour 20 millions d’euros. »

Un téléphérique étudié

Alain Anziani demande aussi de mieux utiliser le fleuve « sous-exploité. » « Nous allons faire l’acquisition de trois nouveaux bateaux. Et on a une belle idée, c’est le téléphérique, on étudie cette solution pour relier les deux rives. On connaît les contraintes de ce transport, c’est une contenance restreinte, mais il a aussi des avantages comme un cadencement important. »

Le maire de Mérignac veut aussi s’appuyer sur le ferroviaire. Et croit beaucoup au projet de RER métropolitain. « Il ne faut pas mettre tous les moyens sur un moyen de transport, mais diversifier. »

« Est-ce qu’un budget mobilité, c’est open bar ? »

Mais il y aura une contrainte, le coût. « Est-ce qu’un budget mobilité, c’est open bar ? lance Alain Anziani. Il faut garder raison sur les questions budgétaires. Je ne sais pas si c’est la fin de l’ère du tramway, mais il coûte très cher et plus on fait de lignes plus le réseau est en difficulté. Il y a des projets en cours, mais on va regarder tous les critères : la fréquentation, le coût, et le bilan carbone. »

Le projet de tramway jusqu’à Gradignan, actuellement suspendu, « sera remis sur la table » tandis que pour celui vers Saint-Médard-en-Jalles, « une enquête est en cours et on ne prendra pas de décision tant qu’on n’aura pas tout remis à plat. » Le prolongement de la ligne A du tramway jusqu’à l’aéroport se fera bien, mais a pris du retard et devrait être livré pour fin 2022.

Parallèlement, pour augmenter la fréquentation dans les transports en commun, la métropole va mettre un tarif en fonction du quotient familial.

Livraison du pont Simone-Veil en 2024

Enfin, « il faudra aménager de nouveaux ouvrages, comme des ponts. » Sur le pont Simone-Veil, qui devait initialement être mis en service cet hiver, mais qui a connu de nombreuses péripéties techniques et judiciaires, la livraison se fera finalement au premier semestre 2024, avec un surcoût de 10 à 20 millions d’euros, soit « presque 170 millions au lieu de 146 millions. » Par ailleurs, « la question va se poser d’un autre franchissement plus au nord, et un groupe se réunit pour y travailler. »

Toutes ces orientations doivent permettre d’établir un schéma de mobilité, d’ici un an.